Panda Bear – « Tomboy »

panda180Album
(Paw Tracks)
11/04/2011
Pop expérimentale

Au sein d’Animal Collective comme lorsqu’il apparaît sous l’entité Panda Bear, Noah Lennox n’a qu’une seule idée en tête: proposer une musique innovante et la faire accepter par tous, y compris par un public peu enclin à se laisser séduire habituellement par les expérimentations d’un esprit un peu tordu. Une approche louable qui explique finalement pourquoi, aussi étrange et passionnant qu’il puisse être, il est devenu à son tour une référence dans le petit milieu de l’indie rock. Faites vous le confirmer par tous ces jeunes bambins qui, ces dernières années, ce sont jetés tête la première dans la pop synthétique et psychédélique, quand ils ne trahissaient pas tout bonnement leur admiration en adoptant eux aussi ces quantités de réverbération sur le chant.

Car, à planer constamment au-dessus de ce « Tomboy » composé de cinq inédits et de six titres déjà sortis en singles (mais revus ici par le mixage de Peter Kember de Spacemen 3), c’est elle qui fait plus que jamais la marque de fabrique de Panda Bear, y compris au sein de ces morceaux plus courts, presque plus conventionnels qu’à l’accoutumée. Presque, car on reste quand même à des années lumières du formatage tant elle est toujours exagérée, pour ne pas dire religieuse. En effet, on entendrait quasiment les cierges trembler sous les coups de basse de l’Animal. Parce que, contrairement à certaines références de sa discographie, et malgré ce que cette pochette aux allures DIY laisse pressentir, « Tomboy » est porté par une production de grande qualité, qui ne cesse de servir au mieux son univers abstrait (le titre éponyme, « Last Night At The Jetty », « Afterburner »), comme ses mélodies vocales constamment démultipliées, elles bien plus concrètes (« Alsatian Darn » sur le refrain final).

Sans surprise, Panda Bear offre alors de grands moments (« Surfer’s Hymn » et son xylophone africain, « Alsatian Darn » et ses clappements de chorale fédérateurs), interrompus par quelques respirations plus bénéfiques que mémorables (« Slow Motion », les ambiant « Drone » et « Sheherazade »). Une façon comme une autre de faire des efforts d’accessibilité, de rendre supportable l’écoute d’un disque qui ne se dévore pas à tous moments. On attendait de Panda Bear qu’il fasse aussi bien que « Person Pitch ». À également tenter de se surprendre lui-même, il y est parvenu tout en s’y prenant différemment. Un ovni, on vous dit…

En écoute


Disponible sur
itunes16

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