Oxmo Puccino – « Minutes Magiques »

oxmo180Album
(Cinq 7)
15/11/2010
Magie live

Il y a rappeurs et rappeurs: ceux embourbés dans le pathétique, œillères bien calées de chaque côté des yeux, et ceux qui ne se refusent rien, qui ne délaissent jamais le fond au profit de la forme. En hip hop surtout, il y a aussi concert et concert: les authentiques formations Mc/Dj que seuls les plus talentueux parviennent à rendre passionnantes, puis d’autres qui flirtent avec le spectacle, qui s’offrent les moyens de surprendre, comme un groupe de musiciens talentueux pour finir d’appuyer le propos, et rendre le souvenir plus inoubliable encore. Cherchez autant que vous le voulez: en France, vous n’en trouverez qu’un qui marie chaque seconde catégorie.

Depuis ses débuts dans le rap français, plus encore depuis la sortie de l’incontournable « Lipopette Bar » qui le voyait collaborer pour la première fois avec un groupe de musiciens, Oxmo Puccino n’a jamais cessé d’évoluer. Du jazz qui couvait à l’époque jusqu’au récent « L’Arme De Paix » aux reflets plus chanson, l’imposant bonhomme a poursuivi sa route comme il l’entendait, sans concession ni considération du qu’en dira t-on. Et le public a suivi, chez les disquaires comme dans les salles, là ou le Black Mafioso a toujours aimé lui exprimer sa gratitude, faire parler son charisme, afficher son plaisir communicatif du métier, et partager une émotion débordante qu’il ne parvient d’ailleurs pas toujours à contenir.

Sur scène, il se passe toujours quelque chose avec Oxmo Puccino. De ce fait, « Minutes Magiques » – bien qu’inexcusable pour ne pas proposer de vidéo – possède un réel intérêt. Enregistré à La Cigale le 6 mai dernier, à l’endroit même ou la précédente tournée a pris fin, ce live souligne la continuité logique d’une discographie rapidement retracée ici (en atteste l’excellent « Medley 1997-2001 »), en s’attardant un peu plus sur le dernier né, composé avec la scène dans un petit coin de la tête, puis revu et corrigé pour enflammer les planches. Exécution dés l’entame « L’Un de Nous Deux » terminé en effusion de riffs, comme plus tard sur « Black Popaye », puis tout au long du concert, véritable éventail d’émotions conservant une vraie énergie rock en guise de fil conducteur, jusqu’au funk imparable du final « On Danse Pas ».

Sur le papier, on connait donc tout par coeur de ce live. Jusqu’à l’avoir écouté, bu ses improvisations (« Masterciel », « On Danse Pas »), s’être imbibé de ses nombreux moments de partage (« Ou Est Billie? », « Les Unes, Les Autres »), et mesuré ainsi la vraie teneur de l’expérience. Qu’il soit vieux ou récent, on redécouvre alors chaque titre lorsqu’il s’habille d’un groove live (« J’ai Mal Au Mic », « Mama Lova », « Le Cactus De Sibérie »), lorsqu’il bondit aussi du hip hop au rock en passant par le jazz, comme pour aider la troupe à prouver à quel point seule la musique compte pour elle. Car certes, Oxmo Puccino est définitivement un artiste hip hop, mais sans équivalent tant il s’en va constamment – y compris en live – visiter les territoires annexes, qu’ils soient pop (« L’Arme de Paix »), ou même chanson (« Soleil Du Nord » lui a offert le surnom de Black Jacques Brel). A La Cigale, beaucoup y sont passés, mais rares sont ceux à y avoir offert de si beaux moments d’humanité. C’est sûr, l’étoile de son souvenir y brillera encore, et « Minutes Magiques » y sera pour quelque chose.

Disponible sur
itunes16


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6 réponses à Oxmo Puccino – « Minutes Magiques »

  1. vince 11 novembre 2010 à 14 h 35 min #

    Hello ,

    vous regrettez l’absence de video ??? nous n’avez cherché longtemps hein …
    http://www.dailymotion.com/video/xfakjd_oxmo-puccino-sur-la-route-des-festi_music

    Realiser par Vgtah aka Jerome Thomas le rea de l’excellent Home studio …

    Voila j’irais ecouter l’album un de ces quatres

    • matthieu 11 novembre 2010 à 14 h 41 min #

      C’est juste que ca aurait mérité d’être intégré à l’objet. Question de point de vue.

  2. SOMNO 11 novembre 2010 à 17 h 46 min #

    Moi, je proposerai à Matthieu d’arrêter de faire la chronique d’une musique qui ne supporte pas les niches et les antagonismes à deux piastres comme il semble si bien essayer de le faire à chaque papier. Dommage pour toi si t’arrives pas à concevoir qu’on puisse aimer le Oxmo de 1996 comme le Booba de 2010 ou le Oxmo de 2010 et le Booba de 1996, qu’on puisse enchaîner le Iris & Arm et le Lunatic du même Booba, la Compagnie Créole avec Radiohead. Le jour où tu comprendras qu’on parle de musique et pas de célophane, t’arriveras peut-être à me faire lire plus de 4 lignes de ta prose putain d’insipide.

    Bien cordialement, mauvaise continuation.

    • jean singe 19 novembre 2010 à 0 h 20 min #

      mouais, je ne vois pas trop le rapport..
      somno ton blog.. heu ?!
      ça te gratte un peu coté nombril, et le cellophane ça conserve.

  3. SOMNO 19 novembre 2010 à 9 h 32 min #

    Dans le genre « je vois pas le rapport », je vois pas ce que mon blog vient foutre là, c’est pas l’objet de la discussion. Enfin je crois. Puis si tu vois pas le rapport entre mon commentaire et le « papier » commis (et la référence à Iris & Arm), j’ai envie de te dire que t’es à ta place ici. Sur ce, je dégage.

  4. Arsène Larsène 20 novembre 2010 à 11 h 49 min #

    Bonjour Monsieur Lence Somno,
    Pouvez-vous m’indiquer le secret de votre mix entre la Compagnie Créole et Radiohead ? Quels titres sont les plus appropriés à être enchaînés? J’ai personnellement un certain nombre d’albums de ces derniers de même que des reliques des premiers. Devant l’insistance de mon paternel, leader sur le marché de la Discomobile dans sa région, qui a toujours voulu que je reprenne le flambeau familial, j’ai fini par céder. Aussi, au cours des diverses cérémonies de mariage et fêtes d’anniversaire que j’anime, je fais tout mon possible pour parvenir au but réeal auquel j’aspire, à savoir ouvrir l’esprit et les oreilles de mes ouailles . Ces derniers, plus prompts à se dandiner sur la Compagnie Créole qu’à écouter la poésie d’Oxmo Puccino, méritent néanmoins d’être sensibilisés aux harmonies subtiles de Radiohead. Il me semble que cela ne peut néanmoins se faire qu’au prix d’un subtil travail en profondeur et qui passerait inaperçu. L’arme fatale ne peut être que celle du mix secret…
    Je vous remercie de vos précieuses indications Monsieur Lence.
    A vous lire,

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