Oxmo Puccino – « L’Arme De Paix »

ox180Album
(Cinq 7)
23/03/2009

Certains ont fuit le hip hop français, lassés par ces éternelles histoires d’adolescents attardés, trop peu conquis par d’autres sans grande légitimité qui ont bien tenté de l’intellectualiser. Ceux-là pourraient revenir à leur premier amour avec ce nouvel album d’Oxmo Puccino qui, sans se forcer ni tenter d’être quelqu’un d’autre que lui-même, a mûri avec eux. Car, après dix ans à traîner sa plume sur le papier, cela fait bien longtemps que le Mc de l’Est Parisien ne cherche plus ses mots: un trait de sa personnalité artistique qui ne manquait pas d’être souligné dés «Opéra Puccino», son premier opus sorti en 1998. Onze ans plus tard, et fort de son «Lipopette Bar» déjà interprété avec les Jazz Bastards, Oxmo n’est plus seulement rappeur: il a poussé son art trop loin pour n’être que cela. Parlons plutôt d’un véritable artiste qui, sans craindre de froisser son public, ose prendre des risques, s’offrir un challenge à chacun de ses disques. Attendez vous donc à ce que «L’Arme de Paix» vous subjugue ou, au contraire…vous laisse perplexe. Car si le hip hop est toujours bel et bien présent tout au long de cette douzaine de titres, il se lance parfois dans une partie de cache-cache qui peut amuser ou jouer avec les nerfs de son fidèle public, heureux de trouver en «365 Jours», «J’Te Connaissais Pas», «Masterciel», et «Véridique» ce qu’il était venu chercher. Moins sur en revanche qu’il adhère aux refrains signés Sly Johnson («Tirer des Traits», «Partir 5 Minutes»), Oncle Ben («A Sens Inverse»), K’naan («L’Arme de Paix»), aux contours slam de «Soleil du Nord», ou aux élans chanson française assumés du bonhomme épaulé par Olivia Ruiz («Sur La Route d’Amsterdam»). Mais, au-delà de ces quelques trébuches, reste la qualité d’écriture d’un Oxmo Puccino qui dépeint avec toujours autant de talent, de réflexion et de positivisme des sujets aussi variés que le temps qui passe, le quotidien, la jeunesse ou la Femme. «L’Arme de Paix» possède aussi d’autres atouts qui ne manquent pas de se révéler une fois les premiers à-prioris passés: cette constante musicalité entre autres, parfois gainsbourienne («Les Unes Les Autres»), qui vient gommer les carcans comme les disputes générationnelles. Fidèle à son éthique, à défaut de faire l’unanimité chez les nostalgiques, Oxmo Puccino a le mérite d’aller au bout de sa démarche, tout en préservant la brillance de ses rimes.

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