Oxford Collapse – « Bits »

Bits[Album]
04/08/2008
(Sub Pop/Pias)

Un Ep, deux albums chez l’obscur label Kanine Records, une tournée aux côtés de We Are Scientists… Il n’en fallait pas plus à Oxford Collapse, énième représentant de la scène rock de Brooklyn, pour convaincre le légendaire label Sub Pop de le signer en 2006, puis de sortir dans la foulée un « Remember The Night Parties » produit par John Agnello (Sonic Youth, Jawbox, Dinosaur Jr). Deux ans plus tard, le trio en remet une louche avec « Bits », un quatrième opus né de sessions d’enregistrement beaucoup moins confortables qu’elles ne l’étaient pour son précédent effort. Et cela s’entend tout au long de ces treize titres produits en différents endroits de New York par Eric Emm (Don Caballero), choisis parmi une trentaine de morceaux mis en boite alors que certains n’avaient pas encore de paroles à y coller quelques minutes auparavant.

Ainsi, « Bits » transpire l’urgence, une spontanéité qui prend ici tout son sens: pas de surproduction, des titres courts et généralement tendus (« Back Of The Yards »), des imperfections qui se laissent volontairement entendre, des idées qui débordent (« A Wedding », ballade aux violons presque moyen âgeux), réparties le plus souvent entre l’alternatif des nineties, le college rock, et même une pincée d’années 80. Si peu de préméditation aboutit pourtant miraculeusement sur une bonne poignée de tubes qui n’auraient certainement jamais vu le jour s’ils avaient été un peu plus pensés. « Electric Art », « The Birthday Wars », « Young Love Delivers », « I Hate Nobody », ou le très réussi « For The Winter Coats » sont par exemple de belles pépites aussi mélodiques que directes, fragiles en apparence mais finalement capables de perdurer tant elles restent bien ancrées dans les esprits. Aussi, on retrouve chez Oxford Collapse ce mélange d’insouciance et d’arrogance qui fait le charme de certains combos rock anglais, mais baigné d’assez de recul et de légèreté pour qu’il ne puisse être que l’oeuvre d’américains

Bien sûr, tant de fougue ne pouvait pas aller sans quelques loupés, trop peu nombreux cependant pour venir écorcher la belle impression laissée par cet album qui, à la différence de beaucoup d’autres, parvient magnifiquement à faire le pont avec le passé, sans que ceux qui s’y sont laissés prendre repartent avec le sentiment d’être devenus de vieux cons. Il y en aura sûrement, mais noyés dans cette foule d’admirateurs qu’Oxford Collapse pourrait bien drainer derrière lui

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