Overseas – « Overseas »

Album
(Undertow)
11/06/2013
Indie pop folk

Si la notion de all star band est toute relative, elle prendra tout son sens avec Overseas si vous êtes de ceux à s’être laissés bercer dans les années 90 par l’indie rock de Pedro The Lion et Centro-Matic, ou le slowcore de Bedhead. Parce que c’est bien d’une telle réunion dont il s’agit ici, David Bazan et Will Johnson oeuvrant dans un registre très proche, tous deux bien aidés par les frangins Kadane histoire de compléter un line up qui, pour une fois dans une telle effusion de name dropping, affiche une agréable et convaincante cohérence. A vrai dire, en connaissant l’affinité de chacun pour les compositions sombres, limite dépressives, on aurait du se douter que ces quatre-là se rencontreraient un jour pour faire cause commune.

C’est un peu dans cet esprit que le projet a germé quand ils se sont d’abord réunis en vue d’enregistrer un Ep. Et comme souvent dans ces moments débarrassés de toute pression, ou seul le plaisir prime, la sauce a pris jusqu’à aligner assez de morceaux pour qu’un album devienne envisageable. Bordé d’une osmose aussi compacte que les lourds nuages d’un soir d’orage, Overseas laisse donc libre expression à des musiciens dont l’égo est resté au vestiaire, tous assez expérimentés pour unir leurs talents (« Old Love », « Down Below », « Came With The Frame ») et servir au mieux la musique. Et cela, y compris quand, le temps d’un éclair, l’un décide de prendre la main sur les autres: Bazan sur « HELLP » et « Here (Wish You Were) », Johnson sur « Lights Are Gonna Fall », les Kadane sur « Redback Strike » pour citer quelques exemples.

C’est d’ailleurs là toute la réussite d’Overseas et de cet opus qui, s’il ne parvient jamais à empêcher le passé de remonter à la surface et à gommer les préférences de l’auditeur, possède en son sein assez de diamants noirs pour ne laisser aucun doute sur sa valeur. Au final donc, une demi-heure d’une qualité de songwriting assez rare, qui incarne toute la richesse de cette collaboration et nous pousse à espérer que cette belle histoire ne soit pas qu’un one shot.

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