Othello – « Alive At The Assembly Line »

Alive At The Assembly Line[Album]
28/01/2008
(Music Is The Message/2 Good)

Le hip hop jazzy, même s’il n’a jamais vraiment disparu, serait-il en train de faire un retour fracassant sur le devant de la scène? L’overdose de disques insipides aurait-elle eu enfin raison d’elle au point que le public revienne aux bonnes vieilles valeurs, celles d’un hip hop conscient qui ne manque pas de faire travailler les neurones en même temps qu’il huile les cervicales? Car, après la sortie de l’excellent premier album des Français de Jazz Liberatorz, Othello emboîte immédiatement le pas avec un « Alive At The Assembly Line » qui ravira très certainement les nostalgiques des années 1990, quand Mos Def, Common, Talib Kweli et Hi Tek s’affichaient à leur meilleur niveau

Ici, pas d’album vite fait bien fait qui s’attarde sur un ou deux morceaux destinés aux radios et qui bâcle le reste. Non, Othello, membre du groupe Lightheaded, ne néglige apparemment rien quand il s’agit de poser son nom sur la pochette d’un disque, à côté d’une simple accroche qui veut finalement tout dire: hip hop is music. Ainsi, les quatorze titres qui jonchent ce « Alive At The Assembly Line » se partagent des productions soulfull et jazzy, produites ou jouées. Un atout qui fait souvent la différence, et dés la première écoute. Car, incontestablement, le hip hop sort souvent grandi, efficace et enrichi, quand il pioche dans une large palette de sonorités, quand quelques cuivres ou un Rhodes par exemple viennent réchauffer un morceau déjà bien emmené par une batterie à la caisse claire claquante

C’est ce qu’Othello ne manque pas de déballer dés les premiers titres de ce disque (« Lets Just », « Place To Be ») qui viennent insolemment titiller les vétérans comme les nouveaux venus de la scène hip hop, de The Roots à Beat Assaillant. C’est d’ailleurs chez ce dernier qu’il faut aller chercher le plus d’accointances, comme le prouve le titre éponyme produit par Stro (The Procussions), mais aussi de petits brûlots comme « Cycle » (feat Surreal), « Rot », « Smooth It Out », « Peripheral Drift », et « Farewell » ou le Mc ne serait rien sans ses musiciens, vice-versa. Et plus on s’enfonce au sein de ce tracklisting, plus il est difficile d’en ressortir quelques morceaux, si ce n’est ceux souffrant malheureusement du manque de dynamique des instruments (« R.A.P.S. » produit par M Phazes, « Shallow » feat Pigeon John, ou « Silhouette » produit par Ill Mind)

Othello se révèle donc aux yeux du monde et, s’il montre ici un certain talent de producteur, semble avoir trouvé en Stro (le plus efficace ici malgré quelques concurrents de poids comme Ohmega Watts) la personne la mieux à même de mettre son flow en valeur. Mais, rien qui ne vienne évincer le reste, versions produites comprises. Car sans toucher la perfection, mais en l’effleurant seulement, Othello offre à tous les accrocs de hip hop classique un des rares opus homogènes que le hip hop ait daigné offrir en ce nouveau siècle

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