Oneohtrix Point Never – ‘R Plus Seven’

Album / Warp / 01.10.2013
Pièce majeure

Pour ses débuts chez Warp, Daniel Lopatin ne déçoit pas. Après des années de travail sur la densité sonore, il s’éloigne pour un temps vers une dimension plus accessible. Il n’est donc plus question de drone ou de noise: ici le producteur embrasse d’autres couleurs. À ce propos, ‘R Plus Seven’ jouit d’une aura chromatique que n’avait pas ses prédécesseurs. Plus heureux, lumineux, ce quatrième album solo convoque davantage de plaisir. Nul doute que les références à peine déguisées à Reich y sont pour beaucoup. Avec ce plongeon assumée dans la musique répétitive, Oneohtrix Point Never tend ainsi vers l’electronica. Passé maître dans l’art d’illustrer ses idées, il parvient à offrir un axe narratif à chaque morceau. Alors, dans cette collection d’atmosphères, Lopatin joue avec notre ouïe et nos réflexes. Des lignes de voix aux arpeggiators, les éléments sont disposés avec soin, sans jamais forcer, bénéficiant de l’espace nécessaire à leur développement. Le musicien connait aussi parfaitement le potentiel de ses instruments et sait en tirer leur quintessence. Du coup, la production, spectrale, n’a plus qu’à les souligner, sobrement, sans tape-à-l’oeil. Au final, l’ensemble n’a que peu d’équivalent. Céleste, nuancé, beau, incompatible avec une écoute fractionnée, ‘R Plus Seven’ est une réussite qui nécessitera de l’attention. L’album le mérite tant son intelligence et sa précision sont des qualités rares.

‘Zebra’, ‘Americans’, ‘Chrome County’

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire