Olivier Mellano – ‘MellaNoisEscape’

Album / Ulysse Prod / 28.04.2014
Pop noise

Si la popularité était mesurée au nombre de pages du curriculum vitae, pas de doute qu’Olivier Mellano serait une star en son pays. Seulement, ce n’est pas le cas, et bien qu’hyperactif, le rennais peut toujours s’en aller acheter son pain tranquille. Sur son chemin, au delà de quelques fervents admirateurs anonymes, seuls Yann Tiersen, Dominique A, Miossec, Laetitia Sheriff, et Arm (Psykick Lyrikah) seraient susceptibles de le retarder en lui rappelant avec quel talent il a su mettre sa pierre à leur édifice pendant que, en retrait, il était lui-même en train d’ériger les siens. Parce que Mellano n’a peur de rien, surtout pas de projets souvent multidisciplinaires qui – rien que sur papier – donnent le vertige.

Avec MellaNoisEscape, son tout nouveau cheval de bataille qu’il rôde déjà depuis quelques temps en live, il redistribue les cartes et se les attribue toutes. Ou presque. Auteur, compositeur, interprète, chanteur, producteur, personne d’autre que lui – hormis deux batteurs en alternance – n’est intervenu sur un premier album qu’il a voulu spontané dans son concept. Histoire de, pour une fois, croquer le noyau avant ce qui l’enrobe. En résultent onze titres d’une pop toujours intense, souvent puissante, parfois bruitiste (‘Karaoke Kid’) ou flanquée d’arrangements electro, notamment en fin de course. Une pop constamment humble surtout tant elle se construit dans une succession de variations, et se laisse porter par des mélodies immédiates (‘The Best Death’, ‘Pop Chords’) dégageant les unes après les autres une émotion toute particulière (‘So Wide’).

A mille lieux des clichés, à la façon d’un Blonde Redhead dont il ne cache pas l’influence, Olivier Mellano décline ici ses envies électriques, les saupoudre parfois de quelques synthés témoins des quelques décennies de musique parfaitement digérées (‘A Few Grams Of TNT’, ‘Sea Of Noise’), se laisse même aller aux coups de sang (‘We Are The Fuse’). Avec MellaNoisEscape, en retournant ainsi à l’essentiel et bien qu’il finisse par s’essouffler en fin d’album, le musicien recharge les batteries, s’offre une nouvelle jeunesse, comme pour promettre qu’il n’a pas encore fini de faire parler de lui, au moins chez ceux qui voudront toujours l’entendre.

‘The Best Death’, ‘Pop Chords’, ‘So Wide’

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