Oku Onuora – « Dubbin Away »

Dubbin Away[Album]
22/09/2006
(Roir/DG Diffusion)

Oku Onuora représente, avec Linton Kwesi Johnson et Matabaruka, la partie visible d’un iceberg musical méconnu: le dub poetry. Pour faire simple, le dub poetry est l’équivalent du slam, mais en version reggae. Tour à tour contestataire ou tout simplement poétique, ce style est toujours resté une affaire d’initiés. Ca ne serait donc pas étonnant si Oku Onuora ne vous disait rien

Vu sa bio, il est incontestablement un militant. Condamné lorsqu’il venait d’avoir 19 ans à 15 ans de prison pour avoir cambriolé un bureau de poste afin de financer une école, Oku Onuora s’échappe et prend au passage cinq balles dans le corps. Ambiance. Pas toujours facile d’endosser le costume de Robin Des Bois..

Musicalement, on a affaire ici à un album de dub, comme son nom l’indique. Oku y fait quelques apparitions sous forme de bribes de voix scandées, mais la dominante est instrumentale. Ceci étant dit, force est de constater que cet album est un peu fourre-tout. En effet, l’ensemble des productions de « Dubbin’ Away » s’étale sur l’ensemble des années 80 et 90. Autant dire que, sur une si longue période, il s’en est passé des choses. On passe donc allégrement de superbes dubs (l’organique « Sun Dub » et sa flûte aérienne ou « United Dub » et sa basse lourde comme les âges) à des titres supportant moins le traitement dub (le bogle « Ruff Dub » ou encore « Dub Can’t Wait »). Ce choc des années, s’il fait perdre de la force à l’unité de cet album, est néanmoins le seul élément vraiment déroutant pour l’auditeur, car dans leur très grande majorité les productions d’Oku Onuora sont de haute qualité

« Dubbin’ Away » est à l’image de son concepteur, un album de partisan, qui ne fait pas de concession!

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