Okkervil River – « The Stage Names »

The Stage Names[Album]
01/09/2007
(Jagjaguwar/Differ Ant)

Austin, au Texas, ne serait-elle pas en train de devenir le berceau d’une nouvelle scène rock indépendante bien décidée à faire parler d’elle? C’est en tous les cas ce à quoi on pense à l’écoute de ce nouvel album d’Okkervil River, qui ne nous aura pourtant pas attendu pour se consolider une déjà bien belle discographie. En effet, « The Stage Names » est le cinquième album de ce groupe né à la fin des années 90, et offre à ses géniteurs une digne reconnaissance pour ces quelques années passées à se forger un style bien à lui, avec beaucoup de persévérance. Quant à nous, il aura fallu les découvrir en première partie de Vic Chesnutt pour prendre réellement conscience de la qualité de sa musique, décuplée sur scène par une richesse instrumentale et un univers captivant

Pourtant, Lou Reed en tête, nombreux avaient été ceux à nous alerter de la force émotionnelle et de la qualité d’écriture du précédent « Black Sheep Boy », cité comme un des meilleurs opus de l’année 2006 outre Atlantique. Au même titre qu’une poignée d’autres, Will Sheff, frontman d’Okkervil River, s’affichait par la même occasion comme une valeur montante du genre, couchant sur papier des textes de chanson qui n’étaient pas si éloignés de ceux d’un véritable romancier. « The Stage Names » ne fait pas exception, même si beaucoup plus lumineux et rock n’roll que son prédécesseur. Voilà qui pourrait bien déconcerter quelque peu ceux ayant eu le nez fin l’an passé, et qui s’attendraient ici à une suite logique

Okkervil River est incontestablement devenu un véritable groupe, plus seulement emmené par ses deux leaders d’origine. Chacun met superbement son grain de sel dans ces compositions folk rock americana, et chaque souffle de cuivres, pianotage de clavier, ou aller-retour d’accordéon donne une ampleur sans précédent au registre de cette petite troupe définitivement inspirée. Okkervil River est désormais un tout: quand il se montrait parfois un peu brouillon par le passé, c’est désormais sept musiciens qui marchent dans le même sens, et qui, à chaque titre, plantent le décor idéal aux belles histoires cinématographiques de Sheff qui, comme un bon film, captivent du premier au dernier mot chanté

C’est sûrement tout cela qui explique une attention toute particulière envers le groupe, celle qu’il n’aura jamais vraiment réussi à obtenir par chez nous dans le passé. Okkervil River, en jonglant avec les ambiances notamment et en poussant même parfois jusqu’à la soul, possède désormais ce don de captiver l’attention, de dégager un je-ne-sais-quoi qui aspire notre instinct sachant inconsciemment que l’écoute en vaut le détour. Et cela se confirme sans mal sur quelques ballades d’une profondeur rare, qu’il s’agisse de « Plus Ones », des tristes « A Girl In Port » et « Savannah Smiles », ou de d’autres titres plus fougueux comme « Our Life Is Not a Movie Or Maybe », le cuivré « A Hand To Take Hold Of The Scene », « You Can’t Hold The Hand Of a Rock n’Roll Man », ou l’excellent voire même tubesque « Unless It’s Kicks ». D’ici que « The Stage Names » donne envie à tous les écrivains de chanter leurs bouquins, il n’y a pas loin. Et le monde n’en sortirait que plus cultivé..

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