Off! – « Off! »

off1801Album
(Vice)
07/05/2012
Punk hardcore

En 2010, en compilant ses quatre premiers Eps, Off! rappelaient à tous les nostalgiques du punk hardcore primaire qu’ils n’étaient plus forcément obligés de piocher dans leurs vieilleries pour retrouver le sourire. Du haut de ses 55 balais, bien entouré par quelques solides représentants depuis longtemps dévoués au genre, Keith Morris – ancien frontman des mythiques Black Flag – s’y offrait une nouvelle jeunesse au moment ou ses Circle Jerks tombaient en désuétude. Pour autant à l’époque, il ne garantissait rien aux nouveaux aficionados de Off!, tous sans voix lorsqu’ils se demandaient si la bande s’entichait là d’un one shot récréatif ou appréhendait son avenir à plus long terme.

Ils trouveront forcément réponses à leurs interrogations avec ce premier véritable album du quatuor qui, à l’instar du précédent, ne fait pas plus dans la dentelle, et ne prend pas plus le temps de convaincre. 16 titres exécutés en à peine autant de minutes, c’est le sort prévisible que Off! a réservé à cette nouvelle salve interprétée pied au plancher, sans aucun répit, avec pas plus d’une poignée d’accords et quelques courts soli bien collés (« Wiped Out », « Harbor Freeway Blues »). Aussi sans aucune once de ce pathétique que certains pourraient craindre de la part d’un vieux briscard comme Morris…

Évidemment, il ne faut pas attendre ici une quelconque remise en question de la part de cette bande de punks incurables gardant bien au contraire leur regard volontairement rivé sur le rétroviseur. Seulement un autre enchainement de bourrasques punk minimales en tous points similaires avec celles d’il y a deux ans, qui trouvent tout leur intérêt dans cette simplicité d’exécution jouissive, plus ou moins intense pour coller au mieux à la force des coups de gueule d’un Keith Morris pointant tour à tour du doigt – et souvent en moins d’une minute – des sujets de société comme le nucléaire (« Toxic Box ») ou un système éducatif à la dérive (« King Kong Brigade »).

Pourtant, comme pour couper l’herbe sous le pied des plus médisants qui s’apprêtent à le qualifier d’aigri au moment ou il tombe dans les règlements de compte (« I Got News For You »), l’homme y va aussi de paroles beaucoup plus introspectives (« Jet Black Girls ») qui finissent de faire de ce premier « vrai » album en tous points prévisible, une oeuvre authentique et sincère, classique et tenace, spontanée jusque dans sa production perfectible. Ni plus ni moins un rappel de basiques à afficher dans tous les garages, toutes les caves et salles de répétitions ou se forgent actuellement les futures générations.

En écoute intégrale

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