Odd Nosdam – « Level Live Wires »

Level Live Wires[Album]
27/08/2007
(Anticon/Differ Ant)

Anticon est une petite famille composée de musiciens et de producteurs qui se sont également vus confier d’autres missions internes. Tous sont tellement impliqués dans le fonctionnement du label qu’on arriverait presque à croire que sortir leurs disques ne serait pour eux qu’une finalité, une juste récompense pour avoir servi au mieux la communauté. Évidemment, il y a du talent du côté de San Francisco, l’élément primordial pouvant encore expliquer la bonne tenue de route du label. Si on devait retirer une poignée de ses hommes influents, Odd Nosdam en ferait incontestablement partie. En effet, pendant cinq ans, il fut responsable de toute l’imagerie Anticon, qu’il s’agisse des pochettes, des posters, ou des tee shirts; un poste qu’il a ensuite délaissé pour se pencher uniquement sur la production, en arrangeant, enregistrant et mixant quelques uns des albums tamponnés de la fameuse fourmi

Mais on parlait également de talent. Car si David P.Madson n’a pas toujours fait l’unanimité, en sortant notamment des albums constitués de titres nombreux et très courts égratignant une certaine homogénéité, on ne pourra pas lui enlever ses belles contributions aux travaux de Clouddead. Ils ne seront pourtant plus sa seule bouée de sauvetage, car depuis « Burner« , son dernier album en date, l’Américain adopte un format plus conventionnel, élargit son spectre, sans pour autant perdre sa propre approche de la musique. Le constat est identique pour « Level Live Wire » qu’il sera totalement déconseillé d’écouter avec la corde déjà bien au cou

Car s’il utilise toujours cette même base (huit pistes, samplers, synthés, dictaphone), Odd Nosdam affine son collage, celui qu’il enrichit cette fois de mélodies légères (« Kill Tone », le très bon Kill Tone Two ») saupoudrées ici ou là sur un véritable marécage de sons trop souvent glauques, cristallins et oppressants (« We Dead »). À tel point qu’ingurgiter ces onze nouveaux titres d’un trait relève de la performance, pour ne pas dire de l’exploit. Et ce, malgré la présence d’invités (Thee More Shallows, Tunde Adebimpe de TV On The Radio, Why?, Jel, Chris Adams de Hood et Bracken) qui, même si on n’attendait pas d’eux qu’ils illuminent (au sens premier du terme) ce disque par nature, se sont totalement fondus dans l’ambiance, et ont ainsi privé au final Odd Nosdam d’un album marquant et atypique

Une approche particulière qui pourrait très bien convenir aux inconditionnels d’un Boards Of Canada posé dans un décor beaucoup plus extrême et noir (« Fat Hooks » survolé par la voix de Jessica Bailiff), la touchante mélancolie et la beauté en moins. Entendez par là qu’Odd Nosdam a ici parfaitement repris les rênes de ce qui a pu faire le succès de Clouddead, en allant voir encore plus loin dans l’abstrait. Mais beaucoup trop puisque c’est vraiment quand la musique s’arrête qu’on se rend compte à quel point la vie est belle..

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