Obits – « I Blame You »

obits180Album
(Sub Pop)
23/03/2009

Un premier album, mais déjà de nombreuses années passées au service du rock n’roll. En effet, bien que de Brooklyn, les Obits ne sont pas des nouveaux venus, encore moins une nouvelle coqueluche que Sub Pop est allé pêcher au hasard d’un festival ou d’une private party de Williamsburgh. Non, ces quatre trentenaires bien tassés travaillent d’arrache pied depuis que les Hot Snakes ont mis la clé sous la porte, et laissé le champs désormais totalement libre au nouveau projet de leur frontman Rick Froberg (aussi ex-Drive Like Jehu et Pitchfork), loin de sonner un changement de cap radical dans sa carrière. Car, si les mélodies tiennent incontestablement plus de place ici (les brillants «Fake Kinkade» et «Run»), Obits balance lui aussi un rock n’roll généreux et brûlant, somme de conjugaisons d’influences du quatuor. Ainsi, «I Blame You», avec rien d’autre que le plaisir en filigrane, slalome entre les portes, lorgne vers le blues («Milk Cow Blues»), la surf music («Pine On»), même la soul sur le final «Back And Forth». Et, fort d’une réelle diversité en guise de cerise sur le gâteau, ce disque déroule naturellement son excellence, et cela qu’il sonne parfois épuré (la basse est maîtresse sur «Two-Headed Coin»), ou qu’il se montre plus incisif («Widow Of My Dreams», «Talking To The Dog», «Light Sweed Crude»). Sans véritablement faire preuve d’innovation mais sans jamais l’avoir revendiqué non plus, Froberg et ses Obits se contentent de faire ce qu’ils maîtrisent le plus, à savoir un rock sec, spontané et sincère, balancé avec les tripes. Depuis plus de vingt ans qu’il porte sa guitare en bandoulière, le bonhomme a toujours agit de la sorte, laissant sa voix si particulière faire le trait d’union entre tous ses projets. Et comme par hasard, Obits tient sacrément le crachoir à toutes les formations dans lesquelles il est passé, et qu’il a su rendre si incontournables.

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