Obits – ‘Bed & Bugs’

Album /Sub Pop / 10.09.2013
Rock garage

Fort de deux premiers albums plutôt réussis, et sur la lancée d’un retour des Hot Snakes que Rick Froberg a impeccablement maîtrisé, Obits avait tout pour pousser les aiguilles de la confiance et de l’enthousiasme dans le rouge. « Taste The Diff » et « Spun Out », les deux titres qui ouvrent ce « Bed & Bugs » dans des registres assez différents, et que le groupe a eu la bonne idée de dévoiler en amont pour nous mettre en appétit, œuvraient parfaitement en ce sens. On était alors loin de penser que les new yorkais, toujours bien assis sur un spectre couvrant une multitude de tendances rock n’roll à dominante rock garage, lèveraient le pied ensuite, condamnant tout le reste de l’opus à courir en vain après une entame des plus accrocheuses, poussée par des mélodies aussi écorchées qu’irrésistibles. Le constat est un peu dur et, il faut l’avouer, quelque peu savonneux au regard de l’expérience et du bon goût que ces lascars ont maintes fois prouvé jusque-là. Pour alléger le propos, peut être doit-on voir dans cette évolution un Obits plus affirmé (« Machines »), moins redevable envers les fantômes du passé, notamment ceux de Hot Snakes trop occupés à leur résurrection. Pourtant, s’il peine souvent ici à embarquer l’auditeur, c’est toujours par une pirouette que le combo parvient à se sortir du pétrin, faire oublier quelques écarts dispensables (« Operation Bikini ») ou deux-trois morceaux un peu fades (« This Must Be Done », « I’m Closing In »). A ce titre, « It’s Sick » doit tout à son refrain, « Pet Trust » et « Receptor » à leur approche mélancolique, tandis que l’instrumental « Besetchet » (reprise d’un titre de la série « Ethiopiques ») ou le bluesy « Malpractice » bénéficient de la diversité affichée sans complexe par Obits, et donc de l’effet de surprise qui l’accompagne généralement. Bien qu’il ne soit pas le coup d’éclat attendu, « Bed & Bugs » saura néanmoins séduire les fans inconditionnels du bonhomme. Les autres, comme nous, sauront contrôler leur excitation lors d’un prochain disque.

« Taste The Diff », « Spun Out », « Receptor »

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