Nozinja – ‘Nozinja Lodge’

Album / Warp / 31.05.2015
Shangaan electro

Dans la foulée de ses artistes-phares que sont Clark, Aphex Twin et Squarepusher, on attendait tout sauf une sortie comme celle-là de la part de Warp. Le label tente en effet le pari d’élargir un peu plus encore l’ouverture d’esprit de son public en signant Nozinja et son électro bariolée. Si le style Shangaan associé à une danse particulière émerge avant tout de certaines communautés locales d’Afrique du Sud, il est indéniablement pourvu d’un potentiel capable de titiller les jambes des danseurs chevronnés du monde entier, ces mêmes amateurs d’influences world qui ont succombé aux turbines orientales du syrien Omar Souleyman, victime d’un improbable succès. Avec un son afro-beat frénétique et parfois épileptique, Nozinja a – comme lui – sa place entre deux groupes de rock anglais à l’affiche de festivals européens.

Ainsi, même si l’ensemble se révèle fatigant à mi-course, le paradoxe est là: ces mélodies à la date de péremption dépassée se révèlent efficaces, malgré cette impression omniprésente d’écouter un disque en avance rapide, les pistes avoisinant les 180 bpm (‘Tsekeleke’, ‘Baby Do You Feel Me’). Cet ancien réparateur de téléphones mobiles atteint même le summum du kitsch sur des morceaux comme ‘Mitshetsho We Zindaba’, mais parvient néanmoins à trouver un groove un peu plus sérieux via ses synthés cheap (‘Xihukwani’, ‘Nyamsoro’). ‘Nozinja Lodge’ est donc un album à double-tranchant: pour les uns un attentat aussi dévastateur que le kuduro, pour les autres un voyage culturel, une curiosité venue d’ailleurs.

‘Xihukwani’, ‘Nyamsoro’, ‘Wo Va Jaha’

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