Nouvelle Vague – « Presents New Wave »

Presents New Wave[Album]
28/05/2007
(District 6/Pias)

Machine Head qui plombe le « Colors » de Ice T. Tori Amos seule au piano qui sublime le « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana. Les Beastie Boys qui délirent sur le « Benny And The Jets » d’Elton John. El-P qui déprime sur le « Hier Encore » de Charles Aznavour. Mike Patton et The Dillinger Escape Plan qui terrorisent (sic!!) le « Come To Daddy » d’Aphex Twin. Etc. Etc

Nous avons tous nos petites reprises préférées que nous adorons faire découvrir à nos cercles d’amis. Et le filon semble d’autant plus inépuisable que cet exercice fait presque office de genre musical en soit. Et qu’elle soit complètement inutile, entièrement ratée ou absolument transcendée, une cover ne laisse que rarement indifférent

Ce n’est certainement pas le collectif Nouvelle Vague qui nous contredira. Tout a presque démarré pour eux sur une blague de potaches… Le concept? Reprendre des standards de la New Wave en Bossa Nova. Le tout sous le nom de Nouvelle Vague. New Wave. Bossa Nova. Nouvelle Vague. Vous suivez? OK, pas la peine de s’énerver… Bref. La blague a tourné court quand les potaches en question se sont rendus compte qu’ils avaient vendu plus de 200 000 exemplaires de leur premier album de par le monde et qu’on les demandait en concert dans une vingtaine de pays

Avec un deuxième LP, des pelletées de tubes revisités (The Clash, Blondie, New Order, The Buzzcocks, The Smiths, Bauhaus, Visage, XTC, The Cure, Dead Kennedys…), une chanteuse lancée (une des voix mutines du premier album s’appelle Camille), le groupe de Marc Colin en énerve autant qu’il en amuse

On ne pourra pourtant pas leur enlever un talent certain d’arrangeurs et un goût très sûr pour la sélection. Ce qui se vérifie d’ailleurs à nouveau avec ce mix commandé par le jeune label britannique District 6..

Les compilations estampillées Nouvelle Vague ne manquent pas en ce moment, mais cette dernière a au moins le mérite d’avoir un concept amusant façon arroseur arrosé: (presque) tous les titres de ces deux disques sont en effet des reprises de morceaux des 60’s interprétés par des formations issues de la période new wave/post punk si chère à Nouvelle Vague

Marc Colin et Gilles Leguen se sont donc replongés dans la discographie des noms de l’époque (Joy Division, Duran Duran, Devo, The Stranglers, Nico, Etienne Daho, The Slits, Orchestral Manoeuvre In The Dark, Visage et beaucoup d’autres plus obscurs) pour trouver les perles rares qui permettent au passage de juger de l’influence des artistes d’une décennie. A en croire le tracklisting retenu, Sly & The Family Stone (repris ici 3 fois), The Velvet Underground (2), David Bowie (2), The Rolling Stones (2) ou The Supremes (2) remporteraient la palme des 60’s

Quoiqu’il en soit, il vous sera difficile de résister au groove robotique de Polyphonic Size (« Mother’s Little Helper »), aux hoquets épileptiques de Devo (« Satisfaction »), à la sensualité désinvolte de Ronny (« If You Want Me To Stay »), au dub punky/funky de The Slits (« I Heard It Through The Grapevine ») ou à la classe dégoulinante de Nico (« Heroes »)

Tout n’est pas de ce niveau bien sûr (le fan du Velvet que je suis souffre encore à la simple évocation de cette version de « Waiting For The Man » par OMD, encore plus souillée que celle de Vanessa Paradis…), mais l’ensemble tient néanmoins sacrément la route. Beaucoup de bizarreries dansantes et insouciantes. De quoi flamber lors de la prochaine soirée entre potes…

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