Nothing More – « The Way It Goes! »

The Way It Goes![Album]
01/10/2007
(Chanmax/Autoproduit)

Si Nothing More est le 1500e groupe à se voir attribuer une page sur notre site, nos chemins respectifs se sont pourtant déjà croisés il y a bientôt dix ans. Car le trio de la banlieue parisienne, apparu en 1992, fait aujourd’hui figure d’un des plus anciens représentants du punk mélodique hexagonal. Et donc, pour la petite histoire, son split avec Rhythm Collision, sorti à l’époque par le label Pakalolo, fut le tout premier disque reçu par notre rédaction, alors que vos fidèles serviteurs s’évertuaient à accoucher d’un premier numéro papier

Depuis, pas mal d’eau a coulé sous les ponts, et c’est avec une certaine gêne, beaucoup de respect et d’enthousiasme que nous rendons un peu à César ce qui lui appartient. Cela dit, pour nous délester d’un poids définitivement trop lourd, il faut bien avouer que Nothing More est un des groupes français actuels dont la discographie est loin d’être proportionnelle à la carrière. Car, en quinze années de présence, le trio n’aura laissé derrière lui que quelques démos, un 45t, deux splits, quelques apparitions sur diverses compilations, et deux albums dont le premier n’est sorti qu’en 2000

« The Way It Goes » arrive seulement pour prendre le relais, et Nothing More se paye enfin un disque à la hauteur de son talent. Et cela, même si le punk mélodique ne baigne plus dans l’époque dorée qu’il a vécu il y a une dizaine d’années. Mais les Parisiens ont cela dans le sang, et il n’y avait donc aucune raison de les voir prendre un virage qui n’aurait fait que les décrédibiliser. Pourtant, ils ont incontestablement évolué, s’appuyant sur une maîtrise de leurs instruments déjà très perceptible à leurs débuts et qui fait encore leur force aujourd’hui. Car si le genre en a vu passer des milliers en quinze ans, très rares sont les combos français, à l’instar des Burning Heads et Seven Hate, à pouvoir se vanter de rivaliser avec les escadrons américains et suédois ne cessant d’avoir la main mise sur ce créneau musical

Du coup, ces douze titres mixés au Blasting Room (studio référence outre Atlantique) coulent comme du petit lait, emmenés par une section rythmique définitivement sur la même longueur d’onde (« Division », « This Feeling », « Youth Of Today »), des mélodies accrocheuses (« Deconstruction »), et un chant totalement à son aise (« Lasting Blues », « Question Of Swap »). Un constat qui n’aura pas attendu tant de temps pour se faire. C’est plutôt sur des titres plus mid tempo, et non des moindres, que Nothing More creuse l’écart avec le passé. Ainsi, « For Any Lies » et « Days After », plutôt qu’un « Terreurisme » ringardisé par un chant français, contribuent eux aussi amplement à la réussite de ce deuxième opus

Plus de raison désormais de lever le pied. Nothing More pond là sa meilleure carte de visite à ce jour et rappelle à qui veut bien l’entendre qu’il est toujours prêt à sévir. Ce statut enfin mis à jour, il ne reste plus qu’à espérer de ne pas avoir à attendre sept autres longues années pour se voir offrir une suite. Histoire que le trio ne perde pas une nouvelle fois cette place qui lui est due

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