Nofx – « Wolves In Wolves’ Clothing »

Wolves In Wolves' Clothing[Album]
18/04/2006
(Fat Wreck Chords/Production Spéciale)

Lorsque Nofx naît à Los Angeles en 1983, que ses membres fêtent leurs seize ans et qu’ils savent à peine jouer de leurs instruments, peu se doutaient alors que ce groupe de jeunes branleurs allait sortir en 2006 son onzième album après avoir multiplié les maxis et les 45t, vendu six millions de galettes à travers le monde, visité tous les continents, tout en squattant les médias au nez et à la barbe des majors qui n’auront jamais réussi à les séduire. Le tout sans donner d’interviews, sans faire de clips, et en ne tournant que durant les mois ensoleillés propices au golf. Dixit Fat Mike. Nofx, groupe de branleurs désormais quadragénaires, et la scène rock indépendante, peuvent donc se vanter d’avoir explosé tous les records.C’est aussi ces jours-ci que sort « Wolves In Wolves’ Clothing » faisant suite à un « War On Errorism » unanimement salué, et subtilement introduit par le récent maxi « Never Trust a Hippy » qui proposait déjà un sérieux avant-goût de ce nouvel opus

Durant leur vingt-trois ans de carrière, les californiens ont à peine pris une ride. À croire qu’être précurseur du punk mélodique et de se saouler à la binouze promet une éternelle jeunesse. Maintes fois copié, Nofx n’aura pourtant jamais été égalé. Certes, les années passent, une part de son public lui reste fidèle, l’autre se recycle, mais il faut bien avouer que ce sens de l’humour, ce chant nasillard si particulier et cette approche du punk mêlant efficacité, dérision, et engagement politique auront toujours préservé le combo des oubliettes. Plutôt un exploit lorsqu’on sait les quelques tonnes de groupes évoluant dans le genre. « 60% », qui ouvre les hostilités, encore plus « USA Holes » et « Seeing Double At The Triple Rock » prouvent que ces jeunes papis punkers n’ont pas ralenti la cadence et égratignent toujours autant leurs éternelles cibles (le mainstream, leur pays et la religion) avec, toujours, cette insolente facilité à accoucher de refrains tubesques et de mélodies imparables (« The Man I Killed », « Leaving Jesusland »…). Et ce, tout au long de ces dix-huit titres ou seul le punky reggae « The Marxist Brothers », et l’acoustique « Doornails » vous offriront un peu de répit. Entre temps, quelques nouvelles sonorités appuieront la personnalité de cet album: le rock n’roll « Getting High On The Down Low », le « Cantado En Espanol », le plus heavy « One Celled Creature », ou ce « Instant Crassic » arrogamment inachevé

« Wolves In Wolves’ Clothing », en plus d’être un très bon album ne dénotant pas du reste de la discographie du groupe, est une preuve évidente que Nofx vieillit bien et exploite pleinement une recette qui lui appartient. Reste maintenant à donner la même impression sur scène. Mais nous Français, trop rarement visités, ne semblons pas être une priorité pour le groupe qui prévoie plutôt de tourner dans une trentaine de pays où il n’a jamais vendu un disque, afin d’en faire un film. Nofx ne fera décidemment jamais rien comme tout le monde..

En écoute

1. Seeing Double At The Triple Rock     

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