NMS – « Woe To Thee O Land Whose King Is A Child »

Woe To Thee O Land Whose King Is A Child[Album]
03/06/2003
(Big Dada/Pias)

Les coups de tête répétés du président américain commencent à avoir des répercussions sur la scène musicale d’outre atlantique et inspirent bon nombre d’artistes qui adoptent un ton de plus en plus radical envers les politiciens de leur pays. Comme il le mentionne dans le titre et le graphisme de cet album, le duo NMS en fait partie intégrante. Après la sortie obscure du mitigé « The Black Mamba Serum » disponible uniquement sur le réseau de distribution japonais et le mal en point de son label Subverse, Bigg Juss réapparaît sur le label Big Dada en compagnie de Orko Elohiem pour un premier acte époustouflant

Alliant la puissance des mots de Sage Francis et de Dead Prez, NMS (The Nephlim Modulation Sessions) met au monde un album sombre, expérimental mais néanmoins accessible puisqu’il marie la complexité de Company Flow avec la musique Black Liberation des années 1960-70. Les deux Mcs, rappelant parfois tant Big Boi d’Outkast que Dead Prez, posent leurs flows de manière majestueuse, apportant à chacun des morceaux une ambiance tendue mettant en avant la portée de leurs mots. On ne peut alors que regretter à l’écoute de cet opus de ne pas maîtriser la langue de Shakespeare tant le contenu des textes semble être la clé de cet album revendicateur. Bigg Juss se plait également à rappeler que la légende de Company Flow ne s’est pas construite autour d’un seul homme et nous pousse même à avouer, au risque de déterrer de lourdes vérités qui ont peut être contribué au split du duo new yorkais, qu’il nous donne l’impression d’avoir été le maître d’El P à l’école du flow. Ainsi, les nominés au panthéon de ce mini format seront sans doute l’oppressant « Invisible Oblivion », le « Brave New World » haut débit, le chaotique « Sleepy Hollow Modulation Systems » et le tranchant « Fendi Shoe Bomber »

Que d’éléments qui nous mettent à genoux devant ce qui n’est qu’un mini album puisque la moitié de celui ci est instrumentale, la suite étant prévu pour le deuxième semestre de l’année. 2003 est définitivement un grand cru pour le hip hop. Reste à savourer sans modération ce « Woe To Thee O Land Whose King Is A Child », semblant venir d’un autre univers mais contant malheureusement une bien triste réalité, jusqu’au point d’orgue de l’automne prochain intitulé « Imperial Letters Of Protection »

Ecoutez un extrait sur le site Big Dada

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