NMS – « Imperial Letters Of Protection »

Imperial Letters Of Protection[Album]
01/11/2005
(Big Dada/Pias)

« Imperial Letters Of Protection » devait sortir très rapidement après « Whoe To Thee O Land Whose King Is a Child ». Il aura finalement fallu deux bonnes années pour que Bigg Jus, ancien membre de Company Flow et personnage incontournable de l’underground américain, et Orko Elohiem, légende du hip hop avant gardiste californien, ne remettent le couvert. Entre temps, la guerre en Irak et la politique de George W Bush les auront forcé à nous faire patienter, histoire de revenir avec un nouvel album encore plus incisif, plus remonté. Bref, assez loin du chef d’oeuvre de hip hop futuriste et abstrait qu’ils envisageaient au lendemain du premier volet

« Imperial Letters Of Protection » est donc le nouveau Quid du duo, trempé dans un décor mystique, galactique, apocalyptique, pour un résultat marquant une nette évolution dans l’expérimentation. Ici, lyrics et recherche musicale occupent une part égale, George W Bush en prend pour son grade dans une ambiance qui illustre parfaitement la gravité du propos: le beat de « Chess With The Galaxies » résonne comme une mitraillette pointée sur d’éventuels réfractaires, l’oppressant « Strike Back » laisse le duo cracher son venin lorsque celui ci n’adopte pas un flow haut débit comme sur « Electrical Seizure » à la lame de fond drum n’bass. Mais on retiendra surtout les bluffants et excellentissimes « Beast Vision » et « Nothing Makes Sense » qui se permettent même de se passer de beat, laissant une poignée de samples comme seule version

Si quelques titres comme « Seraphim Revolver » ou « Hold The Atmosphere » ramènent ce « Imperial Letters Of Protection » dans des chemins plus « conventionnels » et accessibles, ce nouvel album de Bigg Jus et Orko Elohiem nécessite une certaine aptitude au hip hop expérimental tant son écoute peut s’avérer être une épreuve. N’attendez donc pas que NMS s’adapte à vos attentes. A la manière d’un Public Enemy des temps modernes, mais sous MDMA, il préfère fustiger ici les grands d’Amérique et redonner ainsi son but premier à un genre que les impératifs commerciaux ont rendu trop lisse et passif.

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