Nicolas Jaar – « Don’t Break My Love EP »

jaar180Ep
(Clown & Sunset)
08/11/2011
Minimale

Nicolas Jaar, jeune prodige de l’électronique minimaliste, particulièrement reconnu dans le milieu, nous avait gâtés de ses sons aériens et terriblement raffinés à travers « Space Is Only Noise », son superbe premier album sorti l’an passé. Le voilà de retour, offrant un court EP de deux titres, gratuits de surcroit.

On le savait prometteur, doué et novateur, il n’en démordra pas ici. On observe chez Jaar cette volonté de toujours vouloir créer une ambiance très intimiste, gracieuse, pouvant parfois être ressentie chez certains comme forcée ou prétentieuse. Mais la magie opère naturellement, et peut être que finalement, on s’en moque. Restant à contre-courant, il prend des risques, bouleverse les codes, amène de la douceur et de la poésie là où la musique électronique l’oublie un peu trop souvent.

A l’écoute du premier titre « Don’t Break My Love », on est clairement dans le style de Jaar: un mélange fourni alliant des sons métalliques, plusieurs voix pitchées, et une discrète mélodie sert d’introduction à ce morceau construit doucement, se reposant, expérimentant des phases sonores précieuses avant d’atteindre une sensationnelle apogée, brute et ferme. La pâte du jeune américain est conservée: c’est lent, voluptueux, vers une libération courte et tardive offrant toujours de très belles lignes de basse pour un ensemble résolument délicieux.

« Why Didn’t You Save Me » reste dans la même veine, débutant avec un ensemble expérimental très percussif s’alliant à quelques bizarreries vocales, souvent récurrentes dans ces travaux. Le morceau avance progressivement, chute, redémarre, confirmant le talent du jeune américain pour les nuances et les variations (extrêmement efficace en live également) avant d’exploser pour un final down-tempo puissant et envoûtant. Peut-être est-ce exactement là où se trouve le beau, quand Jaar amène, retire, goutte par goutte, avec une finesse immédiatement saisissable. C’est court, trop court, on en redemande, on patiente.

En téléchargement libre ci-dessous.

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