Nick Cave & The Bad Seeds – « Push The Sky Away »

nick180Album
(Bad Seed Ltd)
18/02/2013
Rock lyrique

Ce quinzième album des Bad Seeds marque la fin du groupe, du moins tel qu’il a été conçu il y a trente ans. Blixa Bargel et Mick Harvey désormais partis, Nick Cave rassemble sa bande pour ce qui pourrait être son dernier baroud d’honneur sous cette forme. Toujours soutenu par les  »Mini Seeds », il a plus que jamais confié sa progéniture à Warren Ellis, depuis quinze ans son frère d’arme. À l’origine des boucles omniprésentes de ces nouvelles compositions, ce dernier ouvre par la même occasion un nouveau chapitre de l’histoire de la formation, tournée vers l’ascèse, la sobriété et le minimalisme.

Des frondes de  »Dig, Lazarus, Dig!!! », des expérimentations de Grinderman, il ne reste rien ou presque. C’est maintenant sous un ciel apaisé que les mauvaises graines fleurissent, avec une sérénité affichée dès l’introductif  »We No Who U R ». Il n’est plus question de brûler les cathédrales, l’heure est au recueillement, cet album reflète le regard sage et lucide de l’âge. Des métaphores environnementales aux paraboles prédicatrices ( »Water’s Edge »), la colère n’est plus.

Dès lors, il n’y a plus qu’à accepter de se laisser immerger par ces orchestrations épurées, dont l’ampleur réside dans l’espace offert à chaque pièce de la dramaturgie. Pour illustrer ces tableaux, Nick Cave le novelliste se substitue au crooner. Son  »Jubilee Street », épicentre majeure et tragique contant l’histoire de Bee, démontre – si besoin en était – que l’Australien est unique quand il s’agit de nous abreuver d’histoires ( »She had a history, but she had no past, when they shut her down, the Russians moved in. The problem was she has a little black book’..I got a foetus on a leash »).

Ses allégories n’évacuent d’ailleurs pas totalement les tensions d’auparavant, et il n’est pas rare de percevoir des bouillonnements maîtrisés comme si, au fond, l’essentiel n’était plus dans le déchaînement. De fait,  »Push The Sky Away » raconte avec sagesse le temps qui passe, qui engloutit femmes et hommes de son flux sans issue. Marqué par les rides de la sagesse, Nick Cave ne se résigne pas au déclin ( »Keep On Pushing » conclue t-il) et nous fait, ainsi, la promesse d’être loin du chant du cygne. D’autres moissons nous attendent, espérons qu’elles soient aussi fertiles que celle-ci.

itunes15

En écoute intégrale

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