Nevermen – ‘Nevermen’

Album / Ipecac – Lex / 29.01.2016
Name dropping

Annoncé une première fois courant 2008, c’est finalement huit ans plus tard que nous arrive le premier album de Nevermen, projet dont les origines sont à aller chercher dans l’héritage de ses trois membres fondateurs : Tunde Adebimpe (TV On The Radio), Dose One (Clouddead, Themselves, co-fondateur du label Anticon), et Mike Patton (Faith No More, Tomahawk). Chacun des protagonistes étant un vrai fan des deux autres, la formation se veut être un trio sans leader. Ni side-project, ni supergroupe, mais tout simplement un partenariat pour la découverte et la liberté bien habituellement réservée aux groupes débutants.

Retour en janvier 2008 donc, quand Doseone rencontra Adebimpe dans un vieil entrepôt de Williamsburg appelé à être démoli. Munis de micros, de claviers et de boîtes à rythmes, c’est en tapant sur des portes, des tuyaux, des planchers du lieu que les deux ont conçu toute une matière première destinée à finir entre les mains de Patton, producteur caméléon ayant pour consigne de réinventer le tout en y mettant de la cohérence. En se nourrissant de l’énergie des uns et des autres, ces musiciens ont ainsi fait de ‘Nevermen’ un disque étrange, multicolore, sonique et intrépide, ce qui se révèle être à la fois sa plus grande qualité et son plus grand défaut.

Parce que malgré la tentative de mettre de coté les égos de chacun, les individualités artistiques se font ici beaucoup trop ressentir, ne conférant aucune identité propre au groupe (‘Though Towns’), ni aucune uniformité musicale à un album aux allures parfois improvisées et qui, avec une idée à la minute (au moins), donne souvent l’impression de naviguer à vue. En résulte donc un mélange fou et très déroutant d’indie-rock (‘Wrong Animal Right Trap’), de hip-hop et de glitch (‘At Your Service’), de soul et de gospel (‘Hate On’, ‘Fame II The Wreckoning’), dans lequel il est très facile de perdre la trace de qui chante, et qui fait quoi à quel moment. Finalement, seule la contribution apportée par le chanteur de TV On The Radio se révèle la plus efficace et la plus concise tant la finesse et la clarté de ses mélodies agissent comme un arbitre, offrant ainsi bon sens et terrain d’entente à certaines compositions (‘Mr Mistake’).

Difficile donc de reprocher aux trois musiciens un quelconque manque d’inspiration tant leur disque regorge (probablement trop) d’idées. Une démarche noble, fruit de longues années de travail, mais qui finit malheureusement par épuiser, le disque faisant la part belle à la démolition totale sans jamais envisager de refondations ni d’alternatives cohérentes.

‘Dark Ear’, ‘Wrong Animal Right Trap’, ‘Tough Towns’, ‘Hate On’, ‘Mr Mistake’

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