Neon Neon – « Stainless Style »

Stainless Style[Album]
17/03/2008
(Lex/Differ Ant)

Nous voilà dans de beaux draps, nous qui tentions le tout pour le tout afin de relayer définitivement aux oubliettes ces pauvres années musicales qu’étaient les eighties, celles qu’on regrettait presque d’avoir vécu, et qu’on traîne désormais comme un boulet quand il s’agit de revenir sur les grandes étapes de sa culture musicale. Vingt ans après, le comble est que ce sont des artistes comme Boom Bip, avant gardistes il y a encore peu de temps, qui nous offrent un billet retour vers cette époque écoeurante de clichés. Bien sûr, il ne tiendrait qu’à nous de décliner l’invitation, sauf que quand elle vient de la collaboration entre l’Américain et Gruff Rhys (Super Furry Animals), on se dit que, contrairement à eux, on est peut être passé à côté de la seule richesse de cette décennie.

Ouais, sauf que quand on se penche sur « Stainless Style », point de raccord entre Prince et Kraftwerk, il nous prend comme un rire jaune qui nous ramène à la triste réalité qu’un artiste, aussi bon soit il, est toujours capable du meilleur comme du pire. Et pour mettre tout le monde d’accord, les deux en font une belle démonstration tout au long de ces douze titres partagés entre power pop contagieuse et italo disco bileuse, s’inspirant de la légendaire Delorean en guise de fil rouge de l’album. Car on a autant droit ici à quelques morceaux réussis, piochant juste ce qu’il faut dans les influences de l’époque pour colorer une musique résolument actuelle et tournée vers le revival (l’excellent « Trick For Treat » avec Spank Rock, le crunk de « Sweat Shop » et « Luxury Pool », ou « Neon Theme » et « Dream Cars » dans une moindre mesure), qu’à de véritables horreurs façon Duran Duran, représentatives de tout ce qu’on aurait aimé ne jamais voir remonter à la surface (« Raquel », « I Told Her On Alderaan », « Belfast »)

Alors que le monde occidental peine encore à se remettre des règnes de Reagan et Thatcher, on se serait presque passé d’un tel supplément, flirtant trop souvent avec une médiocrité embarrassante, s’il n’était pas le reflet d’une certaine nostalgie de l’entertainment à la sauce disco. Car s’il est vrai que les années 80 nourrissaient une passion pour le futur, que les revival d’hier font majoritairement les succès d’aujourd’hui, difficile d’affirmer que la boucle est désormais bouclée. La preuve, 2008 permet encore une certaine objectivité sur le mauvais goût d’antan, lui, malheureusement intemporel..

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