Neïmo – « Moderne Incidental »

Moderne Incidental[Album]
22/09/2008
(Village Vert/Pias)

Deux secondes d’inattention et voilà qu’on nous pond une nouvelle sensation française censée bousculer l’ordre du rock mondial. Ce coup là, on nous l’a fait plusieurs fois sans qu’on ait jamais rien vu se concrétiser. Pourtant, pourquoi ne pas y croire, des fois que Neïmo soit véritablement la perle rare sur laquelle tout le monde semble se mettre d’accord, et qui pourrait enfin aider l’Américain moyen à placer Paris sur une map monde tournant désespérément dans le vide depuis tant d’années. Ca fait beaucoup pour un seul groupe, même si ces Parisiens peuvent se vanter d’avoir suscité l’intérêt des influents Jeff Ayeroff (fondateur de Virgin US, vice président de Warner, et aujourd’hui boss du label Shangri-La Music qui vient de les signer), et Alan Moulder (producteur de Arctic Monkeys, Smashing Pumpkins, My Bloody Valentine…)

Le conte de fée de Neïmo a donc plutôt bien débuté, et son nouveau « Moderne Incidental », le deuxième long format de sa courte discographie, est censé enfoncer définitivement le clou, imposer ses géniteurs parmi les acteurs à guitare sur lesquels il faudra désormais compter. Si l’enthousiasme qu’il provoque restera modéré nous concernant, il nous faut admettre que son mélange très actuel de pop, punk et new wave, le tout chanté dans la langue de Shakespeare, laisse la place à beaucoup d’espoir, d’autant plus qu’il est assez bien produit et suffisamment lissé pour satisfaire de nombreuses oreilles aux divers degrés d’exigence. En effet, le temps de douze titres, on navigue sur les eaux agitées séparant le New York des Strokes et l’Angleterre de Franz Ferdinand ou de New Order, mais avec assez de personnalité pour brouiller les pistes, s’éloigner du dangereux plagiat tout en gardant une approche assez conventionnelle et « rassurante »

Au rang des tubes potentiels, l’ouverture « Can You Call Me? », aidé d’un refrain efficace, prend d’emblée son ticket, la sucrerie pop « Johnny Five » aussi, rapidement suivie par « Echoing Pixel » aux entournures dance rock un peu trop convenues. Puis, « Peter And The Wolves » et « Lines » nous renvoient illico à la scène anglaise des années 80, avant d’entamer une seconde moitié d’album sans grands éclats, à l’exception peut être du final « Carsick » que quelques uns, perdus en route, n’auront peut être jamais la chance d’atteindre. Tous font pourtant de ce « Moderne Incidental » un album de fière allure, mais parvenant trop rarement à se hisser au rang des inévitables comparaisons qu’il fait naître. Reste à savoir si tant d’opportunisme peut mener à ce succès peut être un peu trop vite claironné

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