Mutoid Man – ‘Bleeder’

Album / Sargent House / 30.06.2015
Heavy metal mutant

En 2015, quand un album de rock démarre sur un morceau ultra-kitsch digne de la ‘nouvelle vague heavy métal’ qui prit d’assaut l’Angleterre à la fin des années 70, on est droit de se poser des questions. Quand on sait, en plus, que derrière Mutoid Man se cachent deux musiciens accomplis de la scène hardcore/métal américaine, on se demande si ce disque tient plus de l’hommage, du pastiche ou carrément de la grosse rigolade.

Une chose est sûre, les deux compères à l’origine du projet (Stephen Brodsky, guitariste-chanteur de Cave-In, et Ben Koller, batteur de Converge) ont décidé ici de s’éclater, et de laisser parler le métalleux qui sommeillait en eux. Un peu plus d’un an après un EP préliminaire, ‘Helium Head’, le duo – qui s’est entre-temps adjoint les services du bassiste Nick Cageao – livre donc un premier album aux confins du heavy métal, du trash et du hardcore. Mais comme si ça ne suffisait pas, cette bande de trentenaires réussit à faire du neuf avec du vieux: ‘Bleeder’ se révèle finalement surprenant, et sonne quasiment inédit!

Il suffit d’entendre le tubesque et hyper entraînant ‘Reptilian Soul’, sorte de croisement entre hard FM et Queens of the Stone Age, pour se dire que quelque chose se passe. Balancés la plupart du temps en moins de trois minutes, sur des tempos rapides, avec chant clair et soli de guitares de rigueur, les hymnes heavy-trash de Mutoid Man se retrouvent aussi perforés, ici et là, de breaks très ‘math’, de pêches et de rugissements hardcore (‘1000 Mile Stare’, ‘Dead Dreams’, ‘Deadlock’) ou encore de bizarreries prog’ 70s (‘Soft Spot In My Skull’). Une impression de grand n’importe quoi plane tout au long des 30 minutes de cet album, mais on se laisse prendre au jeu.

Porté par des musiciens brillants, dont la technique ferait pâlir le plus chevronné des chevelus à flying V, ce premier disque mutant respecte également une autre tradition métal: la production hyper léchée, signée Kurt Ballou, le camarade de Koller au sein de Converge. Ce dernier s’est visiblement pris au jeu, et réussit le tour de force de donner une cohérence parfaite à ce métal rock hybride, sorte de fusion entre Mars Volta et Iron Maiden. Certains y verront peut-être une faute de goût… Nous, on attend déjà les t-shirts avec impatience.

‘Reptilian Soul’, ‘1000 Mile Stare’, ‘Dead Dreams’

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