Mumford & Sons – ‘Wilder Mind’

Album / Glassnote / 04.05.2015
Adieu banjo, bonjour zéro

Quelle mouche a donc piqué Mumford & Sons? Après deux albums mettant en avant une country folk pas désagréable à grand renfort de banjo, de dobro, d’accordéon et de violons, les quatre Londoniens ont décidé de mettre au placard ce son caractéristique qui les avait propulsés en 2010 sur le devant de la scène, provoquant à forces égales louanges et opprobre. Les stades, eux, étaient toujours remplis. Et il y a fort à parier qu’ils ne devraient pas se vider après ‘Wilder Mind’.

A l’instar de groupes que l’on a pu aimer il y a longtemps (au hasard Coldplay, U2 ou Kings of Leon), Mumford & Sons a pris le parti de satisfaire un public précis et particulier en se vautrant dans la facilité et le commercial, abandonnant donc, entre autres, le banjo pour les guitares électriques. Les Anglais avaient déjà largement amplifié leur son sur ‘Babel‘, leur deuxième opus, s’orientant petit à petit vers des hymnes fédérateurs prêts à être repris à pleins poumons par des tribunes entières de par le monde. Au moins la qualité était-elle encore au rendez-vous. Il n’en va plus du tout de même avec ‘Wilder Mind’. Vous ne trouverez rien, absolument rien, sur ce troisième album que vous n’ayez déjà entendu ailleurs auparavant. Bien sûr, la pilule passerait aisément si la musique proposée était animée ne serait-ce que d’une petite idée, d’une once de créativité, d’un début d’envie de faire naître quelque chose. Rien. Nada. Que dalle. ‘Wilder Mind’ est une succession de poncifs musicaux pour stations FM consensuelles. On retrouve tous les ingrédients utilisés en vue de fabriquer la soupe des quelques groupes cités plus haut, ces mixtures servies à pleines louches avec lesquelles on nous abreuve sans cesse jusqu’à plus soif.

Pour ‘Wilder Mind’, Mumford & Sons a choisi de travailler avec James Ford, moitié de Simian Mobile Disco. Mal leur en a pris. Les deux premiers albums avaient été produits par le très bon Marcus Dravs qui doit bien rigoler aujourd’hui (ou se boucher les oreilles, au choix). ‘Wilder Mind’? On s’étrangle. Surtout à l’écoute d’un ‘Snake Eyes’ indigne avec son horrible final, d’un ‘Monster’ qui n’a de monstrueux que les sonorités électroniques de sa batterie, ou d’un ‘Ditmas’ taillé pour passer en boucle sur RTL2. Miraculeusement, ‘Cold Arms’, ballade épurée et plutôt touchante, échappe au naufrage. Partout ailleurs, le même schéma lassant est répété, celui de chansons qui démarrent tranquillement pour se terminer dans un déluge de guitares et de rythmiques pompières. Une telle indigence relève purement et simplement de la faute professionnelle. Aucun doute: le groupe vendra encore une fois beaucoup de disques et de billets de concerts. En revanche, ce sera sans nous.

‘Cold Arms’

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