Mum – « Go Go Smear The Poison Ivy »

Go Go Smear The Poison Ivy[Album]
24/09/2007
(Fat Cat/Pias)

Avec une population qui n’excède pas les 300 000 habitants (à peine plus que celle de la ville de Nantes), on peut s’étonner du nombre de musiciens que l’Islande a réussi à imposer sur la scène internationale: Björk avec ou sans ses Sugarcubes, Gus Gus, Bang Gang (groupe de Bardi Johannsson, plus connu pour son duo avec Keren Ann sous le nom de Lady&Bird), Sigur Rós, Emilíana Torrini, Slowblow (cf. la BO du film « Noi Albinoi »), Múm… A croire que le froid stimule la créativité (ou l’envie de se barrer?)..

Múm sort quoi qu’il en soit aujourd’hui son quatrième album officiel (auquel vous pourrez ajouter quelques disques de remixes, « Peel Sessions » et autres projets annexes), à nouveau signé sur le label anglais Fat Cat (Sigur Rós, Animal Collective, Nina Nastasia…). Ayant perdu consécutivement ses chanteuses jumelles après chacun de ses deux derniers opus, l’ancien quatuor aurait logiquement dû nous revenir en duo. Mais Gunnar et Örvar ont profité de l’occasion pour recruter cinq nouveaux compagnons de route parmi des collaborateurs de Sigur Rós, Kronos Quartet, Schneider TM et Pan Sonic. Ce « Go Go Smear The Poison Ivy » confirme par conséquent le tournant plus organique déjà amorcé sur leur troisième album (« Summer Make Good »), même si on est encore très loin du ska festif, rassurez-vous..

L’univers de Múm reste peu ou prou le même: une folktronica très inspirée par l’enfance, la féerie, les boites à musique, les bricolages lo-fi et les instruments insolites. Une atmosphère générale qui ne décontenancera donc pas trop les amateurs de Cocorosie, et qui a surtout eu tôt fait de séduire les têtes chercheuses de tous bords (cf. leurs collaborations avec Odd Nosdam, Animal Collective, HIM…)

Pourtant, on n’est pas certain que ce nouvel album puisse élargir le cercle des fans du groupe. Les Islandais s’y perdent malheureusement trop souvent en motifs abstraits et surchargés qui auront bien du mal à garder concentré l’auditeur lambda. Múm n’est pourtant jamais aussi bon que lorsqu’il n’oublie pas les mélodies (cf. le très joli « A Little Bit, Sometimes » ou le « Blessed Brambles » d’ouverture qui auraient fait des singles autrement plus accrocheurs que le « They Made Frogs Smoke ‘Til They Exploded » finalement choisi). Il y a d’autres moments agréables dans ce disque, mais avouons que nous aurons quand même eu besoin de plusieurs écoutes attentives avant de succomber aux charmes de « Moon Pulls », « Marmelade Fires » ou « I Was Her Horse ». Dans un registre pas très éloigné, nous avions beaucoup plus rapidement adhéré au « Naphtaline » de Ez3kiel, par exemple

« Go Go Smear The Poison Ivy » n’est pas un mauvais album. Mais, malgré une évidente volonté d’évolution, ce disque souffre d’un manque de simplicité qui risque d’en refroidir plus d’un… Pas sûr que l’Islande ait besoin de ça..

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