Mr Oizo – « Stade 2 »

oizo180Album
(EdBanger)
11/11/2011
Bidouilles volatiles

Côté Quentin Dupieux, les livraisons post-« Moustache » se suivent et se ressemblent. Une introduction qui prendrait des allures de mauvaise critique pour n’importe quel disque, si Mr Oizo n’était pas le seul au monde à nous offrir du… Mr Oizo. En effet, le père de Flat Eric nous remplit simplement la panse de ses bidouilles sonores qu’il doit sans doute élaborer en quelques heures dans sa chambre, avec la même désinvolture qu’un petit génie peu soucieux de son talent inné. Comme tous les autres disques depuis « Analog Worms Attack », on attendait « Stade2 » comme un nouveau joujou indispensable, à se procurer de suite même si Papa Noël ne descend que dans un mois.

A choisir, on préfère largement l’Oizo qui triture ses machines pour en sortir une délicieuse bouillie électronique que le Dupieux derrière sa caméra en train de filmer des pneus tueurs de blondasses. Le pont qui relie ses deux arts est sans doute l’absurde, l’impossibilité de trouver des termes pour décrire ce bric-à-brac pourtant rempli de groove, et dégueulant d’humour comme au soir d’une première cuite. Point de gueule de bois pourtant au terme de ces treize sketches electro où le funk se fait battre au fer rouge (« Ska ») et où la techno crache ses poumons (« Cheeree »). Heureusement, ces 32 minutes sont nécessaires et suffisantes pour apprécier les rejetons de l’esprit dérangé de notre fournisseur officiel de house chaotique, qui oblige l’auditeur à une bonne condition physique, ainsi qu’à une certaine habitude à encaisser ces rythmiques désarticulées et ces beats cramés au troisième degré (« Oral Sax »). Avec des sons atypiques plus ludiques qu’un Monopoly en famille (« EDN » ou le grinçant « Pompe »),  des mélodies contorsionnistes (« Stade2 »), des arrangements poisseux et lunatiques (« Camel Fuck »), des moments toujours barrés et acides comme un jet de Pulco dans le blanc de l’oeil (« Douche Beat »), on sait qu’on pourra toujours compter sur Mr Oizo quand il n’y aura plus rien à se mettre sous la dent sur la scène électro. Nous voilà rassurés.

En écoute

« France 7 »

Disponible sur
itunes45

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