Mouse On Mars – « Parastrophics »

mouse180Album
(Monkeytown)
20/02/2012
IDM

On n’y croyait plus. A vrai dire, et pour ne pas se voiler la face, on les avait presque oubliés. Mouse On Mars a fait vœu de silence pendant six longues années (depuis « Varcharz » en 2006) avant de souffler sa dixième bougie discographique, sans compter les nombreux EPs, side-projects et collaborations. « Parastrophics » est donc le dernier né d’une longue carrière, démarrée en 1993 alors que Justin Bieber n’existait même pas à l’état de fœtus, et nourrie de bout en bout de nombreuses influences – krautrock en première ligne – noyées dans l’éclosion de l’IDM. Franchissant toujours de quelques orteils la frontière de la pop music, le duo conserve ce côté expérimental qui lui vaut aujourd’hui le statut de groupe culte et mystérieux, au même titre qu’Autechre bien que dans une moindre mesure.

Ce nouvel opus ne sent manifestement pas le réchauffé, preuve que l’apparition des premières rides n’est pas forcément synonyme de relégation sur le banc de touche, en tous cas si l’on en croit des morceaux comme « The Beach Stop » et ses cliquetis judicieusement placés au milieu d’autres détails microscopiques ne le privant jamais de son groove. Ainsi, on devine que les vétérans sont encore potentiellement dans l’air du temps, et ne tentent pas un retour inespéré dans la sphère électronique pour payer leur retraite avec ce dixième album paru chez Monkeytown, le très selectif label tenu des mains de Modeselektor. Une collaboration qui n’a d’ailleurs rien d’innocent puisque « Parastrophics » s’inscrit dans le même esprit que celui de leurs camarades allemands. Et, même s’il ne les égale jamais, Mouse On Mars parvient à libérer une certaine puissance de frappe qui ne semble pas altérée par les années, même après vingt ans passés à la solde des machines.

Alors, bien qu’on ait parfois du mal à en deviner les contours de leur productions (« Wienuss » qui ressemble trop au fruit d’une improvisation, le ragga futuriste de « Metrotopy » dont le mélange a du mal à prendre, ou les complaintes incompréhensibles de « Cricket »), Jan Saint Werner et Andi Toma font globalement bonne figure grâce à des associations d’idées qui font mouche. Parmi elles, la bass music atmosphérique de « Syncropticians », la touche hip-hop cosmique sur un « Chordblocker, Cinnamon Toasted » doté d’une carapace solide aux écailles empruntées à Jimmy Edgar et Hudson Mohawke, le final acide « Seaqz » ou le cyberfunk gavé au 8-bit de « Imatch » et « Polaroyced »… Par sa fraîcheur, sa technique et son audace, « Parastrophics » nous convainc agréablement qu’il n’est certainement pas l’album d’adieu de ce tandem franchissant habilement les générations…

itunes34

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