Mount Kimbie – « Cold Spring Fault Less Youth »

Album
(Warp)
27/05/2013
Electro

Le fait de passer du statut de jeune producteur à celui d’instigateur d’un nouveau courant musical a définitivement tendance à devenir monnaie courante. À l’instar de Ghostpoet ou Baths – pour ne citer que ceux qui font l’actualité – Mount Kimbie fait également partie de cette jeunesse inspirée qui utilise l’existant pour façonner quelque chose qui sent étrangement le neuf. Entre Dom et Kai, l’alchimie ne fonctionne pourtant officiellement que depuis cette année 2009 et la sortie d’un premier EP immédiatement coincé dans le collimateur d’un public toujours avide de mutations.

Difficile de dire avec certitude si les britanniques ont réellement créé un mouvement ou pas. Vu de chez nous, rien de précis si ce n’est une évidente singularité qui, plus que de faire tâche d’huile en inspirant d’autres producteurs, s’est démarquée d’un style vulgairement appelé post-dubstep. Pourtant, avec ce second album profond et mélancolique, aux textures enrobées, on est désormais très loin du wobble qui fait mal aux dents, des montées hystériques qui définissent grossièrement un style originel ou la rythmique ne cesse de tourner en orbite autour du dub.

Précurseurs ou non, peu importe. Les deux se sentent visiblement à l’aise ici, développant de manière très fluide ce son qui a forgé leur réputation. Ces mélodies oniriques, nous les retrouvons d’emblée sur la somptueuse introduction « Home Recording » où les orgues se noient dans une rythmique lente et étouffée par le souffle caractéristique d’un vinyle lissé par les décennies. Petite nouveauté, le duo dévoile une volonté indiscutable de popiser sa musique, laissant un espace privilégié au chant qui reste ici entier contrairement aux déstructurations usuelles, à l’image du rappeur King Krule dont le flow grossier vient contrebalancer par deux fois ces instrumentations feutrées (« You Took Your Time », « Meter, Pale, Tone »).

Mount Kimbie est d’ailleurs logiquement passé des clubs aux salles de concerts et festivals, où sa musique – en majorité jouée par un combo percussions, guitare, clavier – trouvera plus largement sa place. Il est fort possible qu’une première écoute relègue ce disque au rang de musique de chambre répétitive, celle qui met des plombes à se mettre en place pour terminer en queue de poisson. Alors insistez, mettez un casque, et appréciez ces morceaux  à leur juste valeur, qu’il s’agisse du superbe « Break Well » entre ambient et nu-disco psyché, de la vague de chaleur breakbeat de « Slow », de la berceuse dubby finale « Fall Out » ou d’autres titres aériens et doucement dancefloor (« Made To Stray », « So Many Times, So Many Ways »)… Bien joué.

itunes21

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