Mount Eerie – « No Flashlight »

No Flashlight[Album]
18/12/2006
(Play Rec/Import)

Si le nom de Mount Eerie ne vous dit rien, peut être que celui de The Microphones vous parlera un peu plus. Car c’est seulement en 2002 que Phil Elvrum, ce songwritter américain de génie à peine trentenaire, a définitivement décidé d’évoluer sous ce nom, laissant The Microphones et sa discographie derrière lui. Pourtant, ce natif de l’état de Washington, au nord-ouest des Etats Unis, s’était rapidement fait un nom au point de se voir attribuer le qualificatif d' »incarnation même de la scène indépendante américaine ». Ses trois premiers albums sont semble t-il devenus des classiques outre Atlantique, notamment « The Glow Pt 2 », élu album de l’année 2001 par Amazon ou le plus crédible Pitchfork. Même une signature sur le prestigieux label indépendant K Records (Beck, Modest Mouse) ne lui aura pas suffi pour ne pas repartir de zéro. Peu importe, le bonhomme n’a rien perdu de son talent, à en croire ce « No Flashlight », deuxième album sous le nom de Mount Eerie

Inspiré depuis toujours par la nature et plus particulièrement les montagnes, la lune et l’univers, Phil Elvrum accouche ici d’un album aux apparences trompeuses. En effet, il faudra passer cette impression de marginalité et de monotonie des premières écoutes, pour entrer dans son univers et y déceler toute la richesse. Incontestablement, cet Américain possède quelque chose d’atypique, quelque chose de spécial lui attribuant une forte personnalité et une véritable emprise sur l’auditeur ayant la volonté de creuser un peu son répertoire. Elvrum n’est pas un chanteur/guitariste comme les autres. Il possède une voix à la fois douce, sensible et prenante, rappelant parfois fortement celle de Markus Acher des Allemands de Notwist (« Stop Singing », « Waterfalls », le magnifique « I Hold Nothing »). Bel atout, mais rien de forcément révolutionnaire jusque-là. Sauf qu’à chacun de ses titres, notre homme plante un décor appliqué qu’il peint dans son home studio. Et cela, qu’il soit minimaliste, atmosphérique et mélancolique (« I Know No One », « No Inside, No Out », « Where? »), qu’il laisse s’échapper quelques bribes de saturation (« The Moan »), ou qu’il joue d’originalité (la grossière couleur salsa de « The Universe Is Shown », l’oppressant « What? », les percussions de « 2 Lakes », « 2 Mountains » et « The Air In The Morning »)

« No Flashlight », et sa petite vingtaine de titres déposés en trois gros quarts d’heure, porte bien son nom. D’une part, parce que Phil Elvrum ne sera certainement pas avec ce disque la prochaine égérie du grand public. D’autre part, parce que derrière ses allures glauques et soporifiques, il se révèle d’une beauté frissonnante. Les Américains ne se sont donc pas trompés, Mount Eerie est un diamant qui ne scintille que dans l’obscurité

En écoute

1. I Hold Nothing     
2. What?     

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