Mount Eerie & Julie Doiron – « Lost Wisdom »

Lost Wisdom[Album]
07/10/2008
(PW Elverum & Sun/Differ Ant)

Un soir de la semaine, quand rien ne se présente si ce n’est l’ennui ou, au mieux, une vieille série télévisée qui peut espérer vous arracher un sourire, une amie artiste, votre chanteuse préférée de surcroît, vous fait la surprise de vous rendre visite, accompagnée de cet homme qui ne la quitte jamais. Son guitariste semble t-il, un certain Fred Squire. Elle, c’est Julie Doiron, canadienne que quelques-uns d’entre vous auront peut-être déjà remarqué au détour d’une collaboration avec Herman Dune ou Okkervil River, pour ne citer qu’eux. Vous, vous êtes Phil Elverum, tête pensante de The Microphones devenus Mount Eerie, réputé pour ses enregistrements analogiques uniques en huit ou seize pistes, et ravi de cette visite impromptue. Mais, bien que quelques micros et deux-trois guitares soient toujours à traîner chez vous, vous n’osez pas les inciter à jouer, peut être par peur d’épuiser un de vos plus grands fantasmes musicaux

L’occasion est pourtant trop belle pour la manquer, pour ne pas profiter de ce moment de répit dans l’emploi du temps de Julie. Puis partager vos idées ne peut pas vous faire de mal, vous qui êtes habitué à composer seul. C’est ainsi qu’est né « Lost Wisdom », sur un imprévu, comme ça, rapidement et calmement, laissant les belles paroles et les soupirs de l’amie rouler sur les arpèges, avec une douceur totalement contraire à l’agressivité du dehors, de derrière la porte de cette cabane en bois qui vous sert de studio. Dix titres, pas plus, auront eu le temps d’être capturés pour immortaliser une rencontre de moins de trente minutes: le seul regret que peut procurer ce « Lost Wisdom » qui, quand il tourne, dépose délicatement de superbes morceaux, à la sensibilité à fleur de peau, et offrant le relief nécessaire à la mélancolie de vos deux chants équitablement partagés. Rien à redire, l’osmose est telle entre vous deux qu’elle laisse seulement un peu de place à un soupçon de rythmique (« You Swan Go On »), et à la guitare électrique de Fred Squires, assez discrète pour ne jamais voler la vedette

Parmi vos meilleurs moments, « Voice In Headphones » et « With My Hands Out » sonnent incontestablement comme deux coups d’éclat, sans pourtant déséquilibrer et remettre en cause la constance du disque. Julie et vous avez incontestablement touché du doigt des profondeurs aussi rarement atteintes qu’elles méritaient d’être racontées. Et vous aussi, qui n’y étiez pas, n’aurez aucun mal à les imaginer, à y pêcher cette sagesse perdue, finalement pas bien loin. Un diamant noir

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