Mos Def – « The New Danger »

The New Danger[Album]
18/10/2004
(Geffen/Universal)

5 ans que l’on écoute « Black On Both Sides » pour se rassurer et se convaincre que Mos Def reviendra bientôt remettre les pendules à l’heure dans une scène hip hop en pleine mutation. 5 ans que nos espoirs étaient continuellement remis à plus tard, le Mc préférant ces derniers temps se tourner vers le cinéma. Alors que The Roots peinent désormais à convaincre, que Common ne fait pas toujours l’unanimité, qu’est ce que Mos Def nous prépare avec ce nouvel album annoncé depuis peu? Une remise à niveau ou un hip hop très médiocre façon Talib Kweli

Soyons rassurés, Mos Def a plutôt suivi le bon exemple de Saul Williams plutôt que celui de ses anciens collaborateurs et continue ce qu’il avait sûrement commencé avec son groupe rock, Black Jack Johnson. C’est entouré de Will Calhoun (batteur de Living Colour), Orrin Evans (piano), John Benitez (basse), Wallace Roney (trompette), Robin Eubanks (trombone) et Antoine Roney et Don Braden (saxophone) que Mos Def nous pond ce « The New Danger » d’une maturité époustouflante

On passe ici du jazz au rock en passant bien évidemment par la soul et le hip hop. Si « The New Danger » démarre doucement, les hostilités démarrent réellement sur « Freaky Black Greetings », héritage évident de l’expérience Black Jack Johnson, qui nous renvoie quelques années en arrière, au temps ou on balançait nos premiers poils de barbe sur les riffs aiguisés et le groove de Downset ou Shootyz Groove. L’avant gardisme d’un Saul Williams se retrouve ensuite sur des titres tels que « Ghetto Rock » ou « Sex, Love & Money », les influences plus classiques se laissent entendre sur « Zimzallabin » ou « Grown Man Business », la soul est toujours très présente et fait souvent mouche (« Sunshine », « The Panties », « Life Is Real », « The Beggar ») mais Mos Def développe sur cet album des sonorités clairement héritées du blues rock (« Blue Black Jack ») et du jazz (« Bedstuy Parade & Funeral March »)

Dix huit titres au total, d’une diversité et d’une maturité rare, pour un véritable testament musical à la hauteur du talent de Mos Def. On espérait fortement ne pas être déçu et l’un des porte paroles du conscious hip hop n’érone pas sa réputation avec ce nouvel opus qui pousse à la réflexion. A croire que les artistes polyvalents du hip hop sont les seuls à ne jamais faire de faux pas. Peut être qu’il est une nouvelle fois question d’ouverture d’esprit. Un signe qui ne trompe pas puisque « The New Danger » est sûrement l’album hip hop de l’année.

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