Mono – ‘Requiem For Hell’

Album / Pelagic – Temporary Residence / 14.10.2016
Post rock

Perché tout en haut de ses dix-sept ans d’existence, Mono signe cette année un neuvième album chargé d’ambitions bien compréhensibles quand, comme lui, on est devenu un ponte de la scène post rock mondiale. En effet, comme son titre l’indique, les japonais ont choisi avec ‘Requiem For Hell’ de s’en aller marcher sur les plates bandes de la musique classique, en adoptant un de ses exercices favoris. Le temps de cinq longs titres, le quatuor décline tout son savoir faire : celui de laisser à ses compositions le temps d’évoluer comme pour chaque fois décupler l’impact d’une tension croissante. Ainsi, quand certains pourraient raconter la même histoire dans un format plus conventionnel, Mono patiente, use de la répétition pour que chacun des nouveaux éléments jouisse de l’aura qu’il mérite quand il vient enrichir cette belle revisite de la Divine Comédie de Dante.

Une note, un riff, une rythmique, la réapparition de cordes abandonnées lors de précédents efforts, tout est bon pour ouvrir en grand l’horizon et pousser l’auditeur dans ce tourbillon de plaisirs enivrants, celui dans lequel il se vautre dès l’entame ‘Death In Rebirth’, véritable propulsion vers les sommets vertigineux du disque. Car ‘Requiem For Hell’ n’est pas qu’un buisson ardent. Il offre aussi de grands moments de calme, comme lorsque cordes, xylophone et piano sont seules à se confronter au fil du doux ‘Stellar’, grande bouffée d’air pur avant de replonger dans les dix-sept minutes de son titre éponyme : LE gros morceau de l’album (l’expression n’aura jamais autant pris tout son sens) qui, à lui seul, convoque tous les contrastes dont Mono est capable, de la quiétude au chaos.

Aussi essentielle au disque, sa dernière ligne droite (‘Ely’s Heartbeat’, ‘The Last Scene’) s’inscrit dans un registre post rock plus classique, bordé de mélancolie, d’arrangements atmosphériques et orchestraux : un terrain nettement plus familier qui ne fait que renforcer la conviction, la puissance émotionnelle, et la spontanéité nouvelle d’un Mono nous contant à sa manière le passage de la vie vers l’au-delà. Si jusque-là vous aviez peur de la mort, la voici rendue belle, presque attrayante désormais.

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‘Requiem For Hell’

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