Mono – « For My Parents »

mono180Album
(Temporary Residence)
04/09/2012
Post rock symphonique

Il y a ces groupes qu’on aime partager, écouter en collectivité, puis d’autres qui s’apprécient surtout avec un casque bien vissé sur les oreilles pour ne rien rater des mille détails qu’ils ont à offrir. C’est souvent le cas des musiciens post-rock, mais plus encore de ceux de Mono qui, surtout depuis « Hymn To The Immortal Wind » en 2009, prennent une dimension toujours plus cinématographique, jusqu’à prendre des allures toutes humbles de Grande Musique. La preuve encore aujourd’hui avec « For My Parents », ce nouvel album enregistré par Henry Hirsch dans une cathédrale new yorkaise réhabilitée, qui lui emboite clairement le pas, tout drapé qu’il est des reflets symphoniques offerts par la contribution de The Wordless Music Orchestra, déjà présent aux côtés des japonais lors de leur dernière tournée.

Fini donc le temps des déflagrations de « You Are There », album toujours considéré aujourd’hui comme le must have de Mono. Place à une sorte de noise néo-classique d’une infinie délicatesse, qui n’en finit plus de s’épancher dans la mélancolie comme dans les grands espaces, et de susciter ainsi une imagination sans borne, notamment lorsque le quatuor laisse briller de mille feux l’aspect grandiose de ses compositions. Là, pendant qu’il joue sur l’ambigüité du mariage de l’électrique et du symphonique tout au long de titres dépassant parfois allègrement la dizaine de minutes, alors même qu’il agite sa magie pour mêler habilement tristesse et bonheur, on s’imagine tel un rapace planant à grande vitesse au dessus de larges plaines ouvertes aux vents.

Alternant souffle coupé et grandes inspirations, on se laisse donc embarquer pendant près d’une heure par les moindres désirs et sauts d’humeur de Mono qui semble avoir préféré découper son oeuvre en mouvements plutôt qu’en morceaux à proprement parler. C’est en tous les cas l’impression que donnent « Legend » et « Nostalgia », deux premières pistes débordantes d’émotion qui se servent de magnifiques mélodies en guise de pont, et qui donnent le ton de « For My Parents »: l’album de Mono qui risque de lui servir définitivement de passerelle entre les salles de concerts houblonnées et les grands halls d’opéra javellisés.

« Quand je n’arrive pas à dormir, j’aime à rester couché dans le noir en faisant comme si j’avais été assassiné. J’ai constaté que c’était le meilleur moyen pour trouver le confort » dit le romancier Chuck Klosterman en introduction de son livre « Sexe, Drogues et Pop-Corn ». Manifestement, il n’avait pas encore mis la main sur ce disque.

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