Mogwai – « A Wrenched Virile Lore »

mog180Album
(Rock Action)
19/11/2012
Album de remixes

Derrière la cohérence affichée par leur discographie, leur entière dévotion à ce qui a fait le style Mogwai au fil des ans, les Ecossais n’ont jamais blagué avec leur liberté. Seule responsable de son évolution depuis ses débuts, le groupe n’a toujours écouté qu’elle pour ne jamais se répéter, pour toujours avancer dans la bonne direction. Jusqu’à « Hardcore Will Never Die But You Will« , un septième album sorti l’an passé, considéré logiquement par le quintet comme l’illustration ultime et la plus actuelle de son registre musical: un post rock à tiroirs, à la fois solide et fragile tant l’ouverture de l’un plus qu’un autre peut irrémédiablement influer sur le décor. Logique donc, aux vues de la matière proposée et de l’expérience « Kicking a Dead Pig » plutôt réussie en 1998, que l’idée de mettre sa dernière oeuvre à la disposition de remixeurs lui soit de nouveau passée par la tête.

Pourtant, fidèle à son perfectionnisme, le groupe n’a pas laissé n’importe qui prendre la main sur ses morceaux. Après une longue et rude sélection, il a donc retenu une dizaine d’artistes, tous frappés comme lui de ce vent de liberté si indispensable pour sortir ce qu’ils avaient de plus profonds en eux. Parfois ça marche, en d’autres moments beaucoup moins: un constat classique dans ce genre d’exercice n’ayant jamais fait de la cohérence son principal atout. Toujours une question de goût donc, de surprise souvent. Illustration franche quand, ici, RM Hubbert prend tout le monde à contre pied en faisant de « Mexican Grand Prix » une ballade acoustique. Aussi, bien que plus modérément, quand Justin K. Broadrick arrose « George Square Thatcher Death Party » de sonorités indus étonnement aériennes, quand Robert Hampson (Loop) étend jusqu’au quart d’heure une version dreamy et cinématique du même titre, ou quand Tim Hecker transforme « Rano Pano » en track electro ambiant.

Quant au reste, sous le coup d’un changement de genre assez radical, c’est la notion de goût qui parlera avant tout. Il faudra ainsi avoir quelques accointances avec la new wave pour apprécier le « Letters To The Metro » revu par Zombi, être familier de synthés psychédéliques pour juger du travail d’Umberto (« Too Raging To Cheers »), ou aimer les déferlantes drum n’ bass et les sons 8-Bit pour être sensible au « Rano Pano » de Klad Hest (Matt Loveridge également croisé chez Beak>). Faire l’unanimité de bout en bout était donc un inatteignable exploit auquel on ne s’attendait de toute façon pas ici. « A Wrenched Virile Lore », comme tous les albums de remixes passés avant lui, s’adresse donc avant tout aux fans purs et durs de Mogwai qui ont encore en tête les milles mélodies de l’album source.

itunes27

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