Moaning – ‘Moaning’

Moaning – ‘Moaning’

Album / Sub Pop / 02.03.2018
Post punk shoegaze


Les plus vigilants d’entre vous auront noté la récurrence de Moaning dans les différents line-up de festivals cette année (notamment celui des 3 Éléphants à Laval et This Is Not a Love Song à Nîmes). Pratiquement inconnu il y a encore six mois, le trio de Los Angeles serait-il the next big thing avec tout ce que l’expression englobe aujourd’hui de désuétude et d’odeurs plastifiées ?

Ni oui, ni non à s’en fier au background du groupe, déjà habitué depuis plusieurs années à traîner ses guêtres à l’ombre des scènes D.I.Y comme celle de The Smell, l’un des clubs essentiels de L.A., témoin déjà des premières embardées de No Age, Health ou Abe Vigoda. Moaning n’est pas franchement tombé du ciel, même si on peine à trouver sur le web des enregistrements antérieurs à son premier album éponyme.

Sur la forme, la formation emmenée par le jeune Sean Solomon possède tous les atours des groupes de sa génération, à commencer par une érudition rock savamment cultivée. On ne serait pas étonné de retrouver parmi ses disques fétiches les premiers albums de The Cure, ceux de Joy Division, de Slowdive ou de My Bloody Valentine. Sombres et tendus, les morceaux agitent un spleen de fin du monde qui s’envole sur des refrains où la guitare donne à entendre ces mélodies ‘floues’, chères aux amateurs de shoegaze.

On pourrait même s’arrêter là pour dire que Moaning, comme beaucoup d’autres, fait figure de bon élève d’un revivalisme rock poli. Sauf qu’à écouter attentivement son premier album, admettons plutôt que ses morceaux défoncent. Dix titres, durée : trois minutes en moyenne, et une finesse d’écriture pop qui ne laisse pas décrocher sous les nombreux effets de guitare. Les mélodies s’infiltrent comme ce foutu crachin en hiver, et on s’imagine sous leur poids comme de grands héros romantiques.

A lui seul, le single Don’t Go synthétise l’urgence et la mélancolie dans laquelle on se vautre encore parfois sans second degré (ce mal de la décennie). Mis en boîte par le producteur Alex Newport (At The Drive-In, Bloc Party, Pissed Jeans…), l’album prouve bien que même sous l’inusable soleil californien, il fait bon de flirter avec le cafard. Reste à voir enfin si du côté de chez nous cet été, Moaning saura nous emporter avec la même passion et les mêmes ressorts.

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A ECOUTER EN PRIORITE
Don’t Go, Tired, Artificial, Does This Work For You, The Same


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