Minors – « Ways/Times »

minors180Album
(Autoproduit)
05/09/2011
Folk profond et orchestral

L’effet de surprise, c’est ce qu’on aime aussi en matière de musique: attendre longtemps un album au risque qu’il nous déçoive, ou tomber par hasard sur une perle qui nous émoustille. Si Minors n’a pas encore assez bourlingué pour être des premiers, il en prend le chemin en faisant de « Ways/Times » – son premier disque – une véritable révélation de rentrée. En effet, avec un poil d’opportunisme mais beaucoup de talent, ces parisiens surfent brillamment sur les remous provoqués par les Arcade Fire, Fleet Foxes, voire Edward Sharpe, tout en y ajoutant cette pincée d’indie sombre cher au label Constellation qui fait que son registre ne se révèle pas immédiatement au grand public. Fort d’une orchestration déjà très riche ou s’entremêlent percussions, cordes, et cuivres, Minors a surtout pour lui une profonde inspiration, et une parfaite maitrise des émotions qui giclent sans cesse de cette première salve, et dont le travail des voix est en partie responsable. Sans compter l’énorme contribution des arrangements, clairement un des points forts de ce combo pourtant jeune. Ainsi, comme c’est souvent le cas du côté de Montréal, il aime passer de moments plombés par une intense mélancolie (« We Star Are Sun ») à des effusions de bonheur palpable (« Fire & Sword »), partir de rien pour tout donner progressivement. Volontairement inachevée, l’intro « We Were Kings » met d’ailleurs en appétit, donnant plus que jamais l’envie d’en découdre avec ce sextet dont on ressent illico l’énorme potentiel. Parmi les titres phares de cet opus, le « Them Beaches » qui la suit ne fait que nous conforter dans nos pressentiments: délicatesse, légèreté, et mélodies se dessinent sur un voile sombre qui s’éclaircit peu à peu au rythme des claquements de main et de choeurs qui nous pousseraient presque à troquer nos All Stars contre une bonne paire de sandales. Et à chaque morceau – ou presque – Minors nous fait le coup, tirant son folk larmoyant vers quelque chose d’intensément fédérateur, sous l’impulsion de chants à l’unisson (« To Arms », « There, The Deaf Cold »), de quelques lignes d’un violon s’excitant sur un refrain (« As Black Sheets Drawn Near »), ou d’une recette à la fois gaie et collégiale qui n’est pas sans rappeler les meilleurs moments de la bande de Robin Pecknold (« Blackburn »). Et, cerise sur le gâteau, ce « Ways/Times » n’en finit plus de se dévoiler chaque fois qu’on y revient, preuve de sa grâce exceptionnelle, du puit sans fond qu’il est. En voilà un qui finira certainement parmi nos albums favoris de cette année…

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2 réponses à Minors – « Ways/Times »

  1. Nico 20 septembre 2011 à 19 h 52 min #

    Pour les avoir vu en concert la semaine dernière à Rennes je confirme la bonne impression en live! Les percussions « world » ammène un plus assez sympa. À suivre.

  2. opi 23 septembre 2011 à 10 h 03 min #

    ok, une écoute, un tour sur le bandcamp pour s’apercevoir que le cd est a 10€
    => achat compulsif, merci mowno !

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