Millencolin – « Machine 15 »

Machine 15[Album]
07/04/2008
(Burning Heart/Pias)

Si Millencolin était du genre à se la couler douce, préférant répéter sans cesse son petit guide du parfait punk rockeur mélodique, il serait depuis longtemps relayé au rang de ces groupes oubliés, laissant indifférents à chacune de leur réapparition, systématiquement aussi prévisible qu’inintéressante.

Certes, il aura eu lui aussi son passage à vide, des difficultés à passionner un public overdosé et marqué par une vague médiatique qui, en ce début de siècle, se sera finalement révélée plus dévastatrice que bénéfique. Certains ne s’en seront d’ailleurs jamais remis, tandis que d’autres auront miraculeusement trouvé une bouée à laquelle se raccrocher. A l’instar de Pennywise, en pleine forme sur son récent « Reason To Believe« , Millencolin répond encore présent avec « Machine 15 », nouvel album certainement équilibré et renforcé par les side projects (Sarkevic en solo, Kvoteringen, Franky Lee…) empêchant les Suédois de partir dans les multiples directions imposées par leurs envies musicales soudaines

Inutile pourtant de s’attendre à autre chose qu’à du Millencolin. Mais à du bon (« Turnkey Paradise », « Machine 15 »), la machine étant désormais bien huilée, tentant juste ce qu’il faut de nouveauté pour ne pas se répéter, et se laisser encore un peu de marge de manoeuvre pour le prochain album. Plus que sur la facilité et la fainéantise, on mettra cette sagesse sur le compte (plus louable) de la maturité et de l’expérience. Celle qui lui permet aussi de ne pas forcément tomber dans le mégalo en abordant des sujets comme la guerre ou l’environnement (« Broken World »), de pondre quelques agréables ballades midtempo (« Vicious Circle », « Ducks And Drakes », « Come On »), ou quelques tubes à l’efficacité imparable: l’irrésistible « Detox » aux mélodies affûtées, « Brand New Game » revenant sur la mutation que connaît actuellement le marché du disque, ou l’excellent et rock n’roll « Who’s Laughing Now ». Au rayon nouveautés cette fois, ces quelques cordes qui viennent se fondre impeccablement dans le décor de Millencolin, quel que soit le tempo, sans sonner comme un apport forcé, flirter avec le mauvais goût et trahir une approche archaïque de sa musique. Preuve en sont le très bon « Done Is Done » dont les violons profitent du moindre break, et le plus pop et tout aussi accueillant « Saved By Hell »

Difficile cependant, avec ses dix sept ans de carrière et huit albums qui l’auront définitivement ancré dans le punk mélodique, de ne pas renvoyer à ce que le groupe a déjà fait par le passé. Désormais, il faudra donc seulement attendre des Suédois qu’ils évoluent dans ce spectre somme toute restreint, et dont ils s’échappent uniquement par le biais de leurs projets parallèles. « Machine 15 » souligne de deux traits le côté pop du groupe, son incroyable talent de mélodiste, mais nous rappelle aussi d’un sourire amical que les fans de Millencolin ont eux aussi vieilli. Ce qui ne fait pas de ce disque un loupé, simplement une bonne surprise un peu amère..

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