Midnight Juggernauts – « The Crystal Axis »

mid180Album
(Siberia)
28/05/2010
Pop electro prog

En 2008, il avait fallu que Midnight Juggernauts s’en aille trouver un peu d’écho du côté des Etats Unis pour que le Vieux Continent admette son talent, et veuille bien l’intégrer à la famille indie dance, alors grandissante. Sans prétention ni barouf médiatique, « Dystopia » damait le pion à nombre de ses homologues en montrant à quel point il était capable de marier la pop et l’electro, de les faire s’exprimer ensemble ou séparément. Mais il restait à savoir où les Australiens allaient trouver un second souffle qui les fasse immédiatement recoller au peloton, bien qu’ils aient toujours possédé assez d’atouts pour espérer gagner la course, notamment celle de la pop music qu’ils ressortent naturellement tout au long de « The Crystal Axis »: un deuxième disque hésitant toujours à tirer vers l’electro, mais qui finit irrémédiablement par se tourner vers les mélodies.

Plus homogène que son prédécesseur, cette nouvelle salve en a donc finit avec les grands écarts, privilégie la spontanéité qui s’est imposée au groupe à force de côtoyer les plus grandes scènes de la planète, puis en composant ces nouveaux titres uniquement via des sessions d’improvisation collective, y compris lors de l’enregistrement. Du coup, le trio, épaulé par Chris Moore (TV On The Radio, Yeasayer…) à la production, s’en va même parfois flirter avec le rock progressif, au point de pouvoir revendiquer une nouvelle parenté: celle de MGMT plutôt que celle de Daft Punk, évidente il y a deux ans.

Toujours équipé de ses synthés old school, pédales et autres jouets, Midnight Juggernauts fait de « The Crystal Axis » l’album qui contiendra ad vitam aeternam quelques-uns de ses plus grands tubes, parmi lesquels « This New Technology » – déjà entendu sur une compilation Kitsuné en fin d’année dernière – et « Vital Signs », deux joyaux résumant la richesse de cet album: pop luxuriante, rythmiques percutantes, groove hypnotique, textures Morriconesque, et percées seventies. Autant d’éléments qu’on retrouve dispersés ici ou là sur le reste du disque (« The Great Beyond », « Cannibal Freeway », « Winds Of Fortune », « Dynasty »), sans jamais parvenir au degré d’efficacité que ces deux imparables singles. Mais, bien qu’ils laissent quelques inégalités refaire surface, les Australiens présentent avec « The Crystal Axis » un revers de la médaille, plus lumineux et positif, qui ne fait que souligner la polyvalence de leur talent.

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Disponible sur
itunes25

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