Midnight Juggernauts – « Dystopia »

Dystopia[Album]
14/04/2008
(Capitol/Emi)

D’accord, si le renvoi aux années 80 est devenu ces derniers temps plus un automatisme qu’un réflexe, il va falloir arrêter de systématiquement rapprocher l’Australie de Midnight Oil et Kylie Minogue, ses deux icônes musicales historiques qui ne la servent pas toujours. Car depuis 2007, et depuis qu’une énorme brochette d’artistes s’applique à actualiser le mélange electro-rock, trois mecs de Melbourne luttent eux aussi pour troquer leur image de chasseurs de crocodiles contre celle beaucoup plus justifiée de nouveau phénomène d’une scène musicale qui n’a jamais aussi peu caché sa théorie du « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». En effet, comme les Klaxons et Justice à qui ils doivent beaucoup – il se murmure que le buzz autour de Midnight Juggernauts aurait vraiment décollé quand le duo parisien les a cités dans une interview à la BBC – ces trois Australiens s’inscrivent sans gêne parmi les héritiers de Daft Punk, tout en s’illustrant de fort belle manière quand d’autres rivalisent de banalités

Voilà sûrement ce qui explique pourquoi « Dystopia », sorti l’an passé sur le propre label du groupe, ne paraisse que maintenant en Europe, enfin convaincue d’un potentiel gravé dans la pierre suite à une tournée américaine sold out partagée avec Justice. Avouons que si un autre sort lui avait été réservé, on aurait pu décemment parler d’une réelle injustice à l’encontre des aficionados de pop aux synthés débordants. Car les réjouissances sont ici nombreuses, notamment quand on en arrive aux quelques tubes qui ponctuent ce tracklisting, interdisant l’impasse par la même occasion. Parmi eux, « Ending Of An Era » sonne comme un Blur passé à la moulinette Digitalism; le somptueux « Into The Galaxy », emmené par un chant aussi accrocheur que rock n’roll, aurait pu être un des highlights du premier album des Klaxons; et les pépites club « Shadows », « Tombstone », et « Road To Recovery » surtout, ne laissent plus aucun doute sur l’affection du trio envers la french touch des nineties

Pour le reste, même si on a déjà largement dépassé le faible et habituel ratio singles/album appliqué ces dernières années, les quelques clins d’oeil soporifiques à Air (« Worlds Converged », « Dystopia », « Scorpius », « Aurora »), comme quelques dernières louches dancefloor un poil téléphonées (« Twenty Thousand Leagues », « Nine Lives », « So Many Frequencies »), ne seront pas dénuées d’intérêt, amenant même au contraire un certain relief à un premier album qui aurait vite pu s’avérer indigeste. Ce qui sera peut être malheureusement le cas quoi qu’il arrive, la faute à un retard inexplicable du Vieux Continent sur le reste du monde, ayant laissé le temps à de nombreux groupes beaucoup moins intéressants de miner le terrain. Un conseil donc, faire abstraction de la médiocrité ambiante pour encore plus apprécier un « Dystopia » beaucoup plus méritant..

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