Metz – ‘Strange Peace’

Metz – ‘Strange Peace’

Album / Sub Pop / 22.09.2017
Noise rock


Déjà auteur de trois 45 tours l’an passé, et d’une pelletée de concerts à travers le monde, METZ continue d’inscrire sa prolifique histoire dans l’arc de ses glorieux aînés (arc qui s’étend grosso modo des labels Dischord à Touch and Go). Et si pour son troisième album, le groupe de Toronto a de nouveau confié la table de mixage à Graham Walsh (membre d’Holy Fuck et déjà collaborateur des canadiens sur leurs deux premiers longs-formats), c’est quasi-logiquement qu’arrive Steve Albini au casting. Il fallait déjà être sourd pour ne pas avoir saisi jusque-là la filiation qui existe entre les deux. Ce qui surprend, en revanche, c’est plutôt l’empreinte de l’ingénieur du son qui prend ici une proportion majeure. Moins immédiat et guidé par l’énergie punk-rock des débuts, le trio distille plus subtilement ses sensations poisseuses à travers de menues variations de rythme et une tension plus ‘gardée’.

Pourtant, dès l’introductif ‘Mess of Wires’, la frénésie qui caractérisait ‘METZ’ (2012) et ‘II’ (2015) se trouve intacte, basse et batterie rendues encore plus massives et tendues par les conditions d’enregistrement live. C’est ensuite que les choses deviennent plus compliquées. Entre sonorités industrielles (‘Drained Lake’, ‘Lost In The Blake City’), petites harmonies dissonantes (‘Caterpillar’, ‘Sink’) et grands chausse-trappes (la doublette ‘Escalator Teeth’ / ‘Dig a Hole’), la partie se complexifie, même si quelques charges à vif rassureront les indéfectibles du hardcore pur jus.

Composé en grande partie au moment même où Alex Edkins (chanteur, guitariste) voyait sa vie personnelle plonger en plein chambardement et les élections américaines tourner au vinaigre, ‘Strange Peace’ s’assimile bien à une décharge de colère et d’incompréhension sans quête de réponse. Un chemin caillouteux et bordé d’épines qui finit dans les sapins avec ‘Raw Materials’, probablement le meilleur (et le plus long) titre écrit par METZ à ce jour. Six minutes en forme d’exutoire pour damnés où cohabitent noise, punk et krautrock. Si le groupe n’a pas inventé la formule pour nous lacérer les oreilles au cutter, il sait parfaitement l’employer à ses propres fins. Et avec Albini en parrain, on sort de là lessivés par cette sacrée mandale.

ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
‘Mess of Wires’, ‘Drained Lake’, ‘Sink’, ‘Common Trash’, ‘Dig a Hole’, ‘Raw Materials’


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