Metronomy – ‘Summer 08’

Album / Because / 30.06.2016
Electro disco pop

C’est presque avec stupeur que l’on retrouve Metronomy en 2016. Après l’énorme tournée qui suivit la sortie de ‘Love Letters‘ en 2014, il était légitime de penser que le groupe prendrait le temps de peaufiner le nouveau chapitre de sa discographie. Il n’en est rien car Joseph Mount, son leader, avait déjà un autre plan en tête.

Retour en arrière lorsqu’est né le succès de Metronomy grâce à l’album ‘Nights Out’ sorti durant l’été 2008. C’est là le point de départ de ce nouvel opus sobrement intitulé ‘Summer 08’ dans lequel nous retrouvons un Joseph Mount plus nostalgique que jamais. Il y aborde la folie d’un succès arrivé subitement, la déception et la culpabilité d’avoir soudainement quitté les siens, ainsi que le sentiment d’avoir loupé un moment phare de sa jeunesse. Le musicien originaire du Devon souhaitait donc depuis longtemps mettre en son et raconter les souvenirs de cet été si particulier pour lui. Une initiative qu’il a mené sans son groupe, seul aux studios BlackBox de Roubaix, lui qui désormais vit partiellement en France avec sa famille. Voilà pour la petite histoire. Mais qu’en est-il musicalement ?

Inutile de cacher une certaine déception à l’écoute de ce nouveau disque qui revient aux sonorités les plus électro-pop-disco du groupe, malheureusement tout ce qu’il y a de plus basique. C’est efficace mais sans inspiration, limpide mais sans surprise. Le plus marquant finalement, c’est de voir cet album signer là le premier coup de mou de son auteur depuis des années. Impossible de ne pas repenser au choc lorsque sont sortis ‘The English Riviera‘ (2011) et ‘Love Letters’ (2014), deux albums d’une maturité et d’une composition sans égal, qui permirent au compositeur de s’inscrire parmi les meilleurs de la pop de ces dix dernières années. Ces deux-là, plus que jamais, ont inconsciemment creusé le fossé entre les fans de la première heure et ceux qui ne croyaient pas en Mount à ses débuts, avant de voir finalement en lui le songwriter le plus raffiné de sa génération.

Du coup, hormis quelques moments agréables comme ‘Miami Logic’ ou bien encore ‘Mick Slow’ (qui sonnerait presque comme du Conan Mockasin reprenant ‘Currents’ de Tame Impala), le reste est bien trop prévisible (‘Night Owl’, ‘Love’s Not an Obstacle’). Certains morceaux sonnent comme des b-sides de ‘The English Riviera’ (‘My House’, ‘Summer Jam’), d’autres sont plus douteux et accentuent aussi bien les bons cotés de la musique de Mount que ses pires défauts (‘Hang Me Out To Dry’ en featuring avec Robyn). Même l’irrésistible rythme de ’16 Beat’ ou encore le déluré ‘Back Together’ peinent à convaincre. Finalement, seul le premier single ‘Old Skool’ (featuring le célèbre Mix Master Mike) est suffisamment efficace pour nous faire oublier notre déception durant quelques minutes.

Joseph Mount fait ici un retour en arrière. Une parenthèse – très – personnelle dans la discographie de son groupe qui, après réflexion, aurait pu être estampillée de son seul nom propre. A défaut d’être mémorable, ‘Summer 08’ fut annoncé comme un disque spontané et dansant, et c’est tristement tout ce qu’il est.

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‘Old Skool’, ‘Miami Logic’, ‘Mick Slow’

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