Merger – « Exiles In Babylon »

Exiles In Babylon[Album]
26/01/2009
(Makasound/Pias)

Merger est un des plus beaux exemples de la vivacité de la scène reggae anglo-jamaïcaine des seventies, qui n’hésitait pas à puiser dans la richesse musicale unique qui animait alors le Royaume-Uni. A l’occasion de la 22ème sortie du label, Makasound a ainsi choisi de rééditer le précieux « Exiles Ina Babylon », afin de saluer le génie des trois poly-instrumentistes du groupe qui eut malheureusement une existence éphémère (expliquant sans doute sa très faible médiatisation).

Cet opus, enregistré en 1977 à Londres en seulement deux soirées (!), est véritablement le symbole d’une époque: pendant que Thatcher distillait un néolibéralisme cruel dans toute l’Angleterre, de nombreuses contre-cultures résistantes émergeaient dans le monde de la musique. Merger (qui signifie « fusion » en anglais) s’inscrit parfaitement dans ce mouvement, élaborant un reggae unique et transversal qui emprunte à la soul, au blues, au rock et au punk. Pas étonnant lorsqu’on se penche sur le parcours de son créateur Barry Ford, qui fût entre autres batteur de BB King, fondateur du groupe de funk anglais Clancy, et qui participa à des enregistrements des Clash et des Sex Pistols. Cette richesse est restituée de façon intacte dans « Exiles Ina Babylon », offrant des titres à l’instrumentation chiadée et aux voix empruntes d’une sincérité qui ne trompe pas. De très belles mélodies traversent cet opus, comme dans le titre introductif « Understanding », qui s’articule autour de riffs de guitare sèche et d’élégantes nappes de flûte, ou dans le très inspiré « Exiles Ina Babylon ». Les profondes lignes de basse indiquent qu’on se trouve bien ici dans le registre du roots and culture (« African Lady » et ses accents de soul jamaïcaine, « Ghetto Child », « Have You Heard »), bien que Merger touche aussi au digital (le probable hommage à The Abyssinians « Massa Gana » en est un bon exemple), ou à des sonorités un brin plus rock dans l’usage de guitares électriques saturées (« 77 », « Massa Gana »). « Exiles Ina Babylon » renferme donc un son typiquement made in UK par sa singularité et son ouverture à de multiples influences. Avec la réédition de cette oeuvre emblématique de Merger, Makasound remplit une fois de plus sa mission d’origine, visant à nous faire (re)découvrir des perles de roots music accidentellement oubliées par le temps. Un indispensable à toute collection digne de ce nom.

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