Memory Tapes – « Player Piano »

memo180Album
(Something In Construction)
04/07/2011
Indie

Un peu plus d’un an que nous sommes perchés sur notre nuage… Ce lit moëlleux autour duquel « Seek Magic » passe en boucle. A vrai dire, on a du mal à en redescendre tant Dayve Hawk a fait des noeuds avec nos cordes les plus sensibles, nous laissant seuls pour nous en défaire, condamnés que nous sommes alors à écouter des petits joyaux de pop psychédélique comme « Bicycle » ou « Green Knight ». Une délicieuse torture qui s’atténue aujourd’hui avec ce second album. Pour les retardataires, Memory Tapes est le projet fusionnel de Dayve qui officiait jadis sous les sobriquets Memory Cassette pour s’adonner à l’electropop, ou Weird Tapes lorsque s’amuser à coller des samples lui prenait comme une envie d’uriner. Derrière cette entité fusionnée, il trouvait donc un parfait compromis entre envolées pop et climat nu-disco: un remarquable équilibre qu’il vient mettre en péril avec cette nouvelle livraison décevante, mais qui n’enlève rien à son potentiel de crooner hippie.

Première fausse note, le multi-instrumentiste se sert de sa voix angélique sur « Wait In The Dark » pour s’inviter au pays joyeux des enfants heureux, si vous voyez ce que je veux dire. « Today Is Our Life », pourtant revendiqué comme l’un des titres phares de l’album, peine à relever le niveau, et se porte candidat pour le générique de fin d’un sitcom où tout le monde se galoche. En dépit du caractère gnangnan de certains titres, « Player Piano » réussit tant bien que mal à donner l’envie de siroter quelque chose de sucré, comme à l’écoute de « Sunhits » qui frise la ringardise sans atteindre fort heureusement le point de non-retour. On se dit alors que la magie environnante de son studio du New Jersey s’est sans doute échappée dans un courant d’air tant on éprouve toutes les difficultés du monde à comprendre pourquoi un producteur capable de pondre une mélodie accrocheuse en claquant des doigts lutte pour atteindre le niveau d’une seule des chansons de « Seek Magic ». Malgré ses paroles sombres, le disque reste néanmoins 100% accessible, trouve souvent refuge dans les années 70 comme sur la ballade rêveuse « Offers », parfaite bande son d’un bain de minuit. Celui qui a depuis remixé sans scrupule Crystal Castles, Gucci Mane ou Britney Spears, sauve in extremis la mise grâce à « Fell Thru Ice II » sur lequel sa personnalité épique refait surface, ou sur “Trance Sisters”, plus agressif et électrique, le genre d’uppercut qui manque à cet opus décevant mais néanmoins agréable en cette période estivale.

En écoute

Disponible sur
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