Matchbook Romance – « Voices »

Voices[Album]
13/02/2006
(Epitaph/Pias)

L’histoire de Matchbook Romance est quelque peu banale: quatre potes passionnés de musique habités par le rêve de pouvoir en vivre, les pieds assez sur terre pour ne pas y croire beaucoup mais désireux de tenter le tout pour le tout histoire de ne pas alimenter les regrets. Une fois les études mises en stand by, le quatuor se lance dans l’enregistrement de démos qui finiront par attirer l’attention d’Epitaph. C’est par ce biais que sortira « Stories And Alibis », un premier album remarqué par une presse unanime. Pourtant, malgré sa jeunesse, pas question pour le groupe de tomber dans la facilité. Matchbook Romance devait avancer, prendre des risques, passer un palier pour démontrer un réel talent de composition et faire définitivement de sa maturité une évidence

Gonflé à bloc et bourré de bonnes intentions, Matchbook Romance arrive à l’heure de la confirmation avec un « Voices » effectivement surprenant, puisque plus orchestré et habité de nouvelles dynamiques. La production, signée John Goodmanson (Blood Brothers, Blonde Redhead), est une nouvelle fois extrêmement léchée et colle parfaitement à l’impact que ce nouvel album pourrait laisser. Car le quatuor floute désormais complètement ses influences au point de se forger son propre univers musical (« Monsters », incontestablement). Pas ici d’émo banal, ni de new rock racoleur, juste un rock à l’américaine, testostéroné, très technique et profond, capable de passer d’un mur de guitares à quelques notes de piano mélancoliques (« You Can Run, But We’ll Find You »), ou de mélanger les deux (« My Mannequin Can Dance »). Quelques cordes peuvent également faire une apparition au milieu d’un long et évolutif « Goody, Like Two Shoes », comme quelques ballades musclées (« Say It Like You Mean It », « Portrait », « What a Sight ») ou tubes en puissance (« Fiction »)

« Voices » risquerait bien de rester dans les annales tant il a fait faire à Matchbook Romance un pas en avant considérable. On ne criera pas au cas d’école, mais presque, car la complexité des morceaux, la grande technique du groupe et cette énorme production n’effacent pas les craintes de sonner parfois trop hard rock. N’empêche que ce jeune quatuor pond certainement là un des albums les plus originaux du catalogue Epitaph. À consommer sans modération une fois l’estomac bien colmaté..

En écouteMonstersYou Can Run, We Will Find You

Achetez sur :

  • Achat sur Amazon
À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire