Massive Attack – « Heligoland »

Massive Attack – « Heligoland »

mass180Album
(Capitol)
08/02/2010
Trip hop

1991: Massive Attack transforme en coup de maître son premier essai. « Blue Lines » et ses neuf titres intemporels signent l’avènement d’un genre nouveau, le Trip-Hop, croisement hybride et casse-gueule par excellence, responsable du meilleur comme du pire dans la décennie qui suivit. Tandis que les rejetons indignes se multiplient à vitesse grand V, le crew de Bristol tient la barre et sort tour à tour deux héritiers crédibles, « Protection » et « Mezzanine », prolongements essentiels d’un même ensemble. Exception faite d’une parenthèse solitaire en 2003 (le déroutant « 100th Window »), c’est avec cette trilogie en tête qu’on accueille la sortie de « Heligoland », d’autant plus impatient qu’on entend parler çà et là d’un retour aux sources inespéré. Autant le dire d’entrée, l’album n’égale pas ses illustres prédécesseurs. S’il arrive au combo d’égaler ses meilleures prestations – « Girl I Love You » en compagnie de l’indéfectible Horace Andy, « Paradise Circus » (feat. Hope Sandoval), « Atlas Air » – on regrette surtout que la recherche de sobriété l’ait emporté sur tout le reste. Une fois mis au placard les effets de production grandiloquents, reste que la convivialité et l’hospitalité peinent également à se faire entendre au milieu de ces balades un peu vaines (« Psyche » feat. Martina Topley-Bird), de ces paysages sonores souvent crépusculaires (« Flat Of The Blade » feat. Guy Garvey), de ces chants désincarnés qu’on pensait derrière eux… Finalement, à trop rechercher le dépouillement, c’est l’impression d’inconsistance qui parcourt le disque. Encourageant pour certains, symptomatique pour d’autres, « Heligoland » marque quoi qu’il en soit un tournant dans la carrière du groupe. Le duo à nouveau reformé, on se range derrière l’avis des premiers dans l’attente d’un nouvel essai plus convaincant.

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