Maserati – ‘Rehumanizer’

Album / Temporary Residence / 30.10.2015
Space rock

Depuis quinze ans qu’il roule des mécaniques, le rock de Maserati a vu passer bon nombre de préfixes pour tenter de le faire entrer dans une case, musicale ou temporelle. Une routine à laquelle ce groupe de l’état de Géorgie s’est toujours fait spectateur. Comme sur chacun de ses précédents albums, et plus encore depuis la disparition tragique de son batteur originel Jerry Fuch en 2009, le quatuor convoque donc les décennies en ne dérogeant donc pas à son habitude de piocher généreusement dans le math, le space, le post, et le kraut, qu’il régurgite le temps des six titres de ‘Rehumanizer’ : un nouvel album aux contours familiers pour les fans de longue date mais qui, dans le détail, ouvre quelques brèches inédites, deux ans après que ‘VII‘ se soit déjà chargé d’installer durablement les synthétiseurs et leurs connotations électroniques à son registre.

Ce sont eux que l’on retrouve d’ailleurs en introduction de ‘No Cave’, longue entame de dix minutes sans grande nouveauté tant Maserati tire toujours les mêmes ficelles rétro-futuristes, en laissant volontiers le revival eighties et krautrock du moment se charger de l’inscrire dans la tendance. Rythmique millimétrée et mécanique, basse au groove entraînant, riffs de guitare, et mélodies spatiales se remettent instinctivement à l’oeuvre pour réveiller non seulement le danseur qui sommeille en vous, mais aussi une diversité qui s’était mise en veille à la sortie de ‘VII’. Ainsi, au-delà de ses habituelles cavalcades (le robot-rock de ‘End of Man’), Maserati dévoile également des compositions toutes en retenue et aux accents cinématographiques (‘Montes Jura’), comme d’autres nettement plus rock qu’à l’accoutumée, comme en atteste ‘Living Cell’ au classicisme assumé sur lequel le groupe affiche pour la première fois un chant dépourvu d’effets.

Sous ses airs à ne jamais trop vouloir bousculer une musique qu’il s’est quasiment accaparé au fil du temps (l’excellente suite ‘Rehumanizer I’ et ‘Rehumanizer II’ qui clôture l’album), Maserati coupe discrètement l’herbe sous le pied des récurrentes critiques l’accusant de montrer une évolution toujours trop timide. N’apportant de toute façon que très peu d’importance à toutes autres considérations que le plaisir qu’il prend à jouer sa musique, le quatuor s’applique à le laisser transpirer de chacune des notes de ce ‘Rehumanizer’, nouvelle pierre – soigneusement confectionnée en autarcie – à un édifice inébranlable.

‘End Of Man’, ‘Rehumanizer I’, ‘Rehumanizer II’

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