Mars Volta – « Octahedron »

mars180Album
(Barclay)
22/06/2009

A l’heure ou quelques rumeurs courent au sujet d’une reformation d’At The Drive In aussi improbable qu’espérée, la réalité nous rattrape via Mars Volta, combo aux élans expérimentaux, progressifs et psychédéliques qui, à force de surfer sur le capital sympathie glané jadis, a fini par se retrouver la tête dans le sable à la sortie de « The Bedlam In Goliath » l’an passé. Car Bixler et Rodriguez, les deux maîtres d’oeuvre du groupe ayant une fâcheuse tendance à intellectualiser leur musique, sont aussi doués qu’incompréhensibles, parfois d’un parfait mauvais goût aussi. Morceaux à rallonge, délires incontrôlables ont souvent été le lot de Mars Volta ces derniers temps, à tel point qu’on en est venu à jeter l’éponge par crainte de l’overdose fatale. Il fallait donc que « Octahedron » affiche de nouvelles ambitions pour qu’on vienne vers lui alors que notre marche arrière était déjà solidement enclenchée. C’est chose faite car, bonne nouvelle, le combo semble enfin réussir à canaliser ses idées, et adopter un format chanson, sinon plus conventionnel, du moins plus propice à la compréhension. Pour preuve « Cotopaxi », à la richesse de composition bien connue du groupe, ici condensée en moins de quatre minutes. Il y avait bien longtemps qu’un disque de Mars Volta était passé sous la barre de l’heure. Mais n’attendez pas du groupe qu’il se mette à la pop, même si chaque composition de cet opus est beaucoup plus calme qu’auparavant (allant jusqu’à l’acoustique sur un bien terne « Since We’ve Been Wrong »), beaucoup plus épurée aussi, que Bixler a sévèrement baissé d’un ton, et que les plages d’improvisation semblent avoir été réservées au live. Du coup, « Desperate Graves » qui ouvre l’album s’inscrit certainement parmi les meilleurs titres jamais écrits par le groupe, comme « Teflon », plus hypnotique mais tout aussi convaincant. Pas de doute, si beaucoup doutent encore du génie de Mars Volta, ils l’entreverront certainement sur ce « Octahedron », album charnière tant il marie moments d’extases et de pur ennui (« With Twilight As My Guide », « Copernicus », « Luciforms »). On n’y est donc pas encore, mais on s’en rapproche… C’est déjà ça.

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